À quoi ressemblerait votre vie sans vos épreuves? Contrairement à ce qu’on pourrait penser, tout ne serait pas rose…

Aucun chrétien n’est exempt de souffrance. De nombreuses personnes qui aiment sincèrement le Seigneur sont confrontées à des épreuves intenses, parfois de longue durée. Notre tendance est de nous dire: « Si j’étais une fois pour toutes libéré de telle ou telle difficulté, ma vie serait alors beaucoup plus simple, agréable et productive… » En d’autre termes, notre réflexe est de percevoir l’épreuve comme un obstacle à notre épanouissement et à notre réussite. Ce billet a pour objectif de renverser ce raisonnement. En effet, sans les difficultés avec lesquelles je dois composer, mon existence serait sans doute bien différente, mais pas forcément à mon avantage ni à celui des gens qui m’entourent. Ma situation serait peut-être même pire que la réalité présente.

Un constat: les gens qui sont attachés à Dieu souffrent de maintes façons.
Avez-vous récemment fait l’inventaire de vos épreuves? La liste des possibilités est vaste. En voici un échantillon:

Un souci de santé, temporaire ou chronique, handicapant ou non, sans conséquences graves ou potentiellement mortel.
Un accident de la vie, avec ses répercussions.
Une souffrance liée au témoignage chrétien ou au ministère.
Un problème de couple auquel on ne trouve pas de solution.
Une immense déception dans son mariage.
La souffrance de son enfant, quelle qu’elle soit.
Une difficulté relationnelle avec son enfant.
Les choix de vie regrettables de son enfant.
L’impossibilité d’avoir des enfants.
Un célibat non souhaité.
La perte d’un être cher.
La trahison d’un ami, ou le refroidissement d’une amitié.
L’impression d’être incompris.
Une difficulté ou une limitation sur le plan financier.
La perte de son emploi.
Des frustrations répétées au travail.
L’obligation de conserver un emploi insatisfaisant.
Une tension avec un collègue de travail.
Une difficulté dans ses études.
L’absence de réconciliation dans une relation importante.
Une injustice.
Une situation humiliante.
Un sentiment de rejet.
L’épreuve d’une autre personne.
Si tout cela pouvait disparaître…

Dieu opère en nous une transformation au moyen de l’épreuve, même à notre insu.
Sans insinuer que la souffrance est fondamentalement bonne (après tout, ne disparaîtra-t-elle pas un jour?), l’Écriture enseigne qu’elle est un outil de choix dont le Dieu souverain se sert pour assurer notre progrès spirituel.

Mes frères et sœurs, quand vous passez par toutes sortes d’épreuves, considérez-vous comme heureux. Car vous le savez: la mise à l’épreuve de votre foi produit l’endurance. Mais il faut que votre endurance aille jusqu’au bout de ce qu’elle peut faire pour que vous parveniez à l’état d’adultes et soyez pleins de force, des hommes auxquels il ne manque rien. (Jacques 1.2-4)
En général, nous avons du mal à voir les changements positifs que Dieu opère en nous au moyen de l’épreuve. Ce sont parfois nos proches qui nous font prendre conscience que nous ne sommes plus les mêmes, grâce à Dieu…

Si je n’étais pas « au bénéfice de mes épreuves »…
J’aurais sans doute moins de compassion pour les gens qui souffrent.
Je serais peut-être encore plus égoïste et centré sur moi que je ne le suis actuellement.
Je serais certes plus libre de « faire ce que je veux », mais ce que je voudrais alors s’éloignerait peut-être du projet de Dieu pour moi.
Je compterais sans doute davantage sur mes propres forces que sur l’aide de Dieu, limitant ainsi la quantité de fruit véritable porté à la gloire de Dieu.
Je risquerais, à long terme, de devenir orgueilleux, autosuffisant voire arrogant.
Je passerais moins de temps dans la prière, et je prierais avec moins de ferveur.
Je méditerais moins sur les vérités bibliques qui m’aident à « survivre » quand l’épreuve est particulièrement intense.
Je penserais moins à l’espérance d’un corps ressuscité dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, et risquerais de trop m’attacher aux choses passagères de l’existence terrestre.
Je serais peut-être tombé dans des mauvaises habitudes voire des fautes graves desquelles l’épreuve, sagement et parfaitement calibrée par un Dieu aimant et bon, m’a jusqu’à maintenant protégé.
J’aurais peut-être fait de mon travail ou de mon ministère une « idole », c’est-à-dire quelque chose qui devient plus important que Dieu à mes yeux.
Cette liste de dix dangers peut changer notre regard sur l’épreuve. L’adage « le pouvoir corrompt » peut être élargi: une vie trop facile peut également corrompre, nous éloigner de Dieu et des gens que nous aimons.

Notre existence future dans la présence de Dieu sera dépourvue d’épreuves. D’ici là, les épreuves ont pour fonction de produire en nous des traits de caractère qui seront alors parfaits. Vivement les fruits de l’épreuve, puis sa fin.

D.ANGERS

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