La municipalité de Jérusalem veut taxer les communautés chrétiennes

24 FÉVRIER, 2018
PAR FSSPX.NEWS
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La municipalité de Jérusalem souhaite mettre fin à une exemption fiscale historique et demande 150 millions d’euros aux communautés chrétiennes de la ville.

Cité par le quotidien La Croix, le frère David Grenier, un responsable de la Custodie de Terre sainte, gardienne des Lieux saints au nom de l’Eglise catholique, rappelle qu’en 800 ans de présence à Jérusalem, les « Eglises chrétiennes » n’avaient jamais été soumises aux taxes locales. En 1901, en 1913, puis en 1947 lors de la création de l’Etat d’Israël, cette tradition avait été perpétuée et scellée dans le droit : « Aucun impôt ne sera perçu sur les Lieux saints, édifices ou sites religieux qui étaient exemptés d’impôts lors de la création de l’Etat ».

Mais la mairie de Jérusalem, sans doute en manque de liquidités, entend désormais considérer les communautés chrétiennes comme des contribuables comme les autres et les soumettre, pour ce qui concerne leurs biens immobiliers hors lieux de culte, à la taxe municipale, appelée « arnona ».

La municipalité a chiffré « la dette », pour 887 propriétés, à 657 millions de shekels (environ 150 millions d’euros), sans préciser sur quelle période portaient les arriérés. Selon des responsables religieux cités par l’AFP, la mairie a même fait geler les comptes bancaires de plusieurs institutions, perturbant considérablement leur fonctionnement.

Dans un communiqué commun publié le 14 février 2018, les treize chefs des différentes « Eglises et communautés chrétiennes » ont rappelé que « les autorités civiles ont toujours reconnu et respecté la grande contribution des Eglises chrétiennes, qui investissent des milliards dans la construction d’écoles, d’hôpitaux et de maisons, et ce particulièrement pour les personnes âgées et défavorisées, en Terre Sainte ». Ils déclarent qu’« une telle mesure sape à la fois le caractère sacré de Jérusalem et compromet la capacité de l’Eglise à mener son ministère sur cette terre au nom de ses communautés et de l’Eglise présente dans le monde entier. »

Les chefs religieux demandent à la municipalité de veiller à ce que le statu quo, sanctionné par l’Histoire sainte, soit maintenu et que « le caractère saint de la Ville de Jérusalem ne soit pas violé ».

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