Tous les articles par Gloria Tohou

Est-ce que le monde se divise en deux catégories: 1) ceux qui affirment que nous devons nous attendre à ce que Dieu opère des miracles dans notre vie et 2) ceux qui pensent que Dieu ne fait plus de miracles? Est-ce que les premiers ont plus de foi que les deuxièmes? Est-ce que les deuxièmes enferment Dieu dans une boite? Qui a raison?
John Frame, dans sa théologie systématique, aborde la question en regardant la place des miracles dans l’histoire de la rédemption. Il conclut que Dieu ne fait pas tout le temps des miracles, et que lorsqu’il en fait, ils ont une raison particulière.
Est-ce que Dieu donne des dons miraculeux à l’Église aujourd’hui? Nous devrions nous rappeler que les miracles sont assez rares dans l’histoire biblique. Des centaines d’années ont passé dans l’histoire biblique sans aucune mention de miracles. À l’évidence, Dieu n’a pas prévu que les miracles soient une partie normale de la vie de son peuple. Les miracles apparaissent à des moments spéciaux, quand Dieu accomplit une grande œuvre de salut ou de jugement. Nous lisons que Dieu fait beaucoup de miracles au temps de Moïse, au temps d’Élie et d’Elysée, et dans le ministère terrestre de Jésus et des apôtres. Au temps des apôtres, les miracles avaient un rapport particulier avec le témoignage des apôtres concernant Jésus. En 2 Corinthiens 12.12 , ils sont appelés « Les signes distinctifs de l’apôtre ». Dans ce texte, Paul fait référence à ses miracles pour prouver qu’il était un vrai apôtre. Son argument ne serait pas vraiment fort si tout le monde était capable de faire des miracles. Plutôt, il présuppose que les miracles sont un don spécial fait aux apôtres, pour les identifier comme messagers de Dieu tout autour du monde, où ils prêchaient Christ.
Hébreux 2.4 parle « des signes, des prodiges, des miracles variés » qui appuyaient le message des apôtres.
Il apparait alors que les dons plus miraculeux étaient donnés aux apôtres dans la période du Nouveau Testament et aux prophètes comme Moïse, Élie ou Élisée dans l’Ancien Testament. Mais il n’est pas question qu’ils aient été les seuls au monde capables de miracles. Mais Dieu permettaient aux prophètes et aux apôtres de faire beaucoup de miracles, pour montrer à tout le monde que Dieu les avait choisis.
Pour nous, nous ne disons pas que nous ne devrions pas nous attendre à des miracles de la part de Dieu. Mais ils ne sont pas la norme dans la vie chrétienne. Ils peuvent arriver, certainement, au bon plaisir de Dieu, et nous devons être reconnaissant quand c’est le cas. Comme indiqué aux chapitres 7-9 [de son livre NDLR], dans un certain sens, même la providence générale de Dieu est miraculeuse. Mais nous ne devrions pas demander des miracles ou être en colère envers Dieu quand il choisit de ne pas en faire pour nous. Même Paul n’était pas capable d’opérer des miracles en tout temps, par exemple le Seigneur a refusé de répondre à sa prière pour sa propre guérison ( 2 Co 12.7-9 ).
Extrait de: John M. Frame. « Systematic Theology: An Introduction to Christian Belief. », pp. 1520-1521

J’avoue que je ne me suis jamais documenté sur le sujet. Alors pourquoi l’aborder?

Je pense que la portion de l’Écriture qu’on cite pour escamoter des théories sur le sujet ne me semble pas contenir l’enseignement qu’on voudrait lui accoler. Démonstration:

Le but du livre de l’Apocalypse retrouvé
Nous ne devrions premièrement pas nous méprendre sur le but général du livre de l’Apocalypse. Ce livre de la Bible est avant tout un livre d’espoir et de réconfort (Ap 1.17,18; 15.2), pas un livre pour initiés, destiné à effrayer et apporter la confusion. C’est tout le contraire, le message se veut clair, c’est pour cela qu’il est martelé : notre issue est certaine, nos épreuves prendront bientôt fin, nos douleurs ont un sens, nos prières sont entendues, et notre espérance est sur le point de s’accomplir; notre Dieu tout-puissant va venir établir sa justice, vaincre ses ennemis et délivrer son peuple.

Apocalypse 13 en joue
C’est précisément Apocalypse 13.16,17 qui est évoqué pour nous mettre en garde de n’accepter sous aucun prétexte -aux risques qu’on peut aussi questionner- de se voir implanter une puce électronique dans la main.

Ne prenons pas en compte le fait que le texte français parle de front OU de main, précisément droite, et de « sur » pas de « dans »; et notons plutôt une allusion importante. Comme le fait remarquer William Hendriksen dans son petit commentaire à mettre entre toutes les mains parce qu’il interprète le texte par le texte et dans son style littéraire, Ap 13 est à mettre en parallèle avec Ap 7.3 où c’est l’agneau a fait marquer le front de ses disciples. L’aviez-vous remarqué?

Les symboles: la marque, le front, la main et la puce RFID
Dans Apocalypse, nous sommes dans un livre et un genre littéraire qui usent abondamment du symbolisme. Connaissez-vous une personne ayant littéralement une puce dans le front? Moi pas. Doit-on pour autant douter qu’elle puisse être disciple de l’agneau? Ne vous faites pas tatouer le front non plus, ça ne sert à rien:cette « marque » est symbolique. Elle symbolise l’appartenance. En Ap 14.9 la marque est synonyme d’adoration. Ce n’est qu’une image qui cristallise une vérité. De même que le front est le symbole de la pensée et la main le symbole de l’action, ce que l’apôtre Jean est en train de décrire ici, ce sont des personnes qui, déjà sans puce RFID, persécutent l’Église et pensent et font ce que l’esprit de « la bête » dit et fait. Nous savons que nous n’avons que 2 choix:soit nos pensées sont captives au Seigneur, soit nous appartenons au « Prince de la puissance de l’air ».

Pourquoi ne peut-on pas acheter sans cette marque?
Parce que ceux qui refusent de penser et d’agir selon l’esprit de ce monde sont rarement les plus prospères et les plus épanouis. Notre foi est synonyme d’entraves.

Le contexte des chrétiens à Thyatire (Ap 3) est évoqué comme exemple par Hendricksen.

Chrétien, n’aie pas peur, reprends courage !
Pour terminer, je cite Hendricksen pour t’inviter à reprendre courage si tu t’es laissé prendre au piège au point de craindre un livre que l’Esprit de Jésus a inspiré pour t’encourager et de douter de la puissance de l’agneau qui a scellé ton front :

« Cette opposition deviendra plus forte encore au fur et à mesure qu’on approchera de la fin. Mais que le croyant ne désespère pas. Qu’il se souvienne que le nombre de la bête est le nombre de l’homme. L’homme a été créé le 6e jour. 6 n’est pas égal à 7 et lui restera toujours inférieur. Il n’atteindra jamais la perfection, n’équivaudra jamais à 7. 6 veut dire: rater le but, échouer. 7 signifie: perfection, victoire. Réjouis-toi, Église de Dieu! La victoire est de ton côté. Le nombre de la bête est 666: triple échec! La victoire est de ton côté. C’est le nombre de l’homme, car la bête se glorifie dans l’homme; c’est pourquoi elle échouera. » (p.143)

F.GODIN


À quoi ressemblerait votre vie sans vos épreuves? Contrairement à ce qu’on pourrait penser, tout ne serait pas rose…

Aucun chrétien n’est exempt de souffrance. De nombreuses personnes qui aiment sincèrement le Seigneur sont confrontées à des épreuves intenses, parfois de longue durée. Notre tendance est de nous dire: « Si j’étais une fois pour toutes libéré de telle ou telle difficulté, ma vie serait alors beaucoup plus simple, agréable et productive… » En d’autre termes, notre réflexe est de percevoir l’épreuve comme un obstacle à notre épanouissement et à notre réussite. Ce billet a pour objectif de renverser ce raisonnement. En effet, sans les difficultés avec lesquelles je dois composer, mon existence serait sans doute bien différente, mais pas forcément à mon avantage ni à celui des gens qui m’entourent. Ma situation serait peut-être même pire que la réalité présente.

Un constat: les gens qui sont attachés à Dieu souffrent de maintes façons.
Avez-vous récemment fait l’inventaire de vos épreuves? La liste des possibilités est vaste. En voici un échantillon:

Un souci de santé, temporaire ou chronique, handicapant ou non, sans conséquences graves ou potentiellement mortel.
Un accident de la vie, avec ses répercussions.
Une souffrance liée au témoignage chrétien ou au ministère.
Un problème de couple auquel on ne trouve pas de solution.
Une immense déception dans son mariage.
La souffrance de son enfant, quelle qu’elle soit.
Une difficulté relationnelle avec son enfant.
Les choix de vie regrettables de son enfant.
L’impossibilité d’avoir des enfants.
Un célibat non souhaité.
La perte d’un être cher.
La trahison d’un ami, ou le refroidissement d’une amitié.
L’impression d’être incompris.
Une difficulté ou une limitation sur le plan financier.
La perte de son emploi.
Des frustrations répétées au travail.
L’obligation de conserver un emploi insatisfaisant.
Une tension avec un collègue de travail.
Une difficulté dans ses études.
L’absence de réconciliation dans une relation importante.
Une injustice.
Une situation humiliante.
Un sentiment de rejet.
L’épreuve d’une autre personne.
Si tout cela pouvait disparaître…

Dieu opère en nous une transformation au moyen de l’épreuve, même à notre insu.
Sans insinuer que la souffrance est fondamentalement bonne (après tout, ne disparaîtra-t-elle pas un jour?), l’Écriture enseigne qu’elle est un outil de choix dont le Dieu souverain se sert pour assurer notre progrès spirituel.

Mes frères et sœurs, quand vous passez par toutes sortes d’épreuves, considérez-vous comme heureux. Car vous le savez: la mise à l’épreuve de votre foi produit l’endurance. Mais il faut que votre endurance aille jusqu’au bout de ce qu’elle peut faire pour que vous parveniez à l’état d’adultes et soyez pleins de force, des hommes auxquels il ne manque rien. (Jacques 1.2-4)
En général, nous avons du mal à voir les changements positifs que Dieu opère en nous au moyen de l’épreuve. Ce sont parfois nos proches qui nous font prendre conscience que nous ne sommes plus les mêmes, grâce à Dieu…

Si je n’étais pas « au bénéfice de mes épreuves »…
J’aurais sans doute moins de compassion pour les gens qui souffrent.
Je serais peut-être encore plus égoïste et centré sur moi que je ne le suis actuellement.
Je serais certes plus libre de « faire ce que je veux », mais ce que je voudrais alors s’éloignerait peut-être du projet de Dieu pour moi.
Je compterais sans doute davantage sur mes propres forces que sur l’aide de Dieu, limitant ainsi la quantité de fruit véritable porté à la gloire de Dieu.
Je risquerais, à long terme, de devenir orgueilleux, autosuffisant voire arrogant.
Je passerais moins de temps dans la prière, et je prierais avec moins de ferveur.
Je méditerais moins sur les vérités bibliques qui m’aident à « survivre » quand l’épreuve est particulièrement intense.
Je penserais moins à l’espérance d’un corps ressuscité dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, et risquerais de trop m’attacher aux choses passagères de l’existence terrestre.
Je serais peut-être tombé dans des mauvaises habitudes voire des fautes graves desquelles l’épreuve, sagement et parfaitement calibrée par un Dieu aimant et bon, m’a jusqu’à maintenant protégé.
J’aurais peut-être fait de mon travail ou de mon ministère une « idole », c’est-à-dire quelque chose qui devient plus important que Dieu à mes yeux.
Cette liste de dix dangers peut changer notre regard sur l’épreuve. L’adage « le pouvoir corrompt » peut être élargi: une vie trop facile peut également corrompre, nous éloigner de Dieu et des gens que nous aimons.

Notre existence future dans la présence de Dieu sera dépourvue d’épreuves. D’ici là, les épreuves ont pour fonction de produire en nous des traits de caractère qui seront alors parfaits. Vivement les fruits de l’épreuve, puis sa fin.

D.ANGERS


Je suis en train de lire avec beaucoup de plaisir le dernier livre de Mike Cosper, Recapturing the Wonder. Cosper a une sensibilité qui lui permet de relever les mécanismes culturels et cultuels de notre temps.

Au chapitre deux, il parle des sacrifices attachés à la religion moderne, ce qu’ils révèlent et le seul antidote.

Un autel moderne
Cosper commence par une anecdote. Il était assis dans un coffee shop, de ceux qui sont remplis de jeunes aux jeans skinny, arborant longues barbes et chemises de bucheron. Un jeune homme entre dans le café, un gros livre à la main, commande un latte et va s’asseoir. Commence alors un rituel durant lequel il prendra de nombreuses photos, jusqu’à capter la photo parfaite: un cadrage qui associe le livre et son latte et capte la lumière du café. Après plusieurs tentatives, il arrive à un résultat qui le satisfait et passe plusieurs minutes à l’éditer pour le poster en ligne. Il pose enfin le téléphone, boit son latte et ouvre son livre. Mais à peine après avoir lu deux pages, il le referme pour aller voir les réactions suscitées par la photo postée.

Nos sacrifices virtuels
« La religion est l’activité qui vise à apaiser les dieux » dit Mike Cosper. Avant, les sacrifices étaient offerts sur les autels en espérant qu’ils seraient agréés par ceux à qui on les offrait. Il continue:

De nos jours, nos sacrifices sont virtuels. Nous prenons des images. Nous écrivons quelques pensées. Nous les éditons, rognons et manipulons jusqu’à ce qu’elles soient parfaites – le meilleur spécimen que nous pouvons offrir – et nous les envoyons, à travers des médiateurs digitaux, à un panthéon de petits dieux qui attendent de juger notre travail. Si nous gagnons leur faveur, ils nous récompensent avec des likes, les mettent en favoris, les commentent ou les repostent. S’ils ne le font pas, le résultat peut être l’écho d’un silence douloureux – ou pire, nous pouvons encourir leur colère. (p. 35)
Notre besoin profond
Pour l’auteur, il est évident que la technologie fait écho à notre narcissisme. Mais le problème a des racines beaucoup plus profondes. Notre vrai problème, c’est notre besoin de toujours présenter la meilleure version de nous-mêmes. Et c’est là la promesse des réseaux sociaux: « la chance de pouvoir méticuleusement éditer et montrer la meilleure version de nous-mêmes au monde. » Nous voulons être beaux et aimables, en couvrant nos défauts.
Cosper relie ce besoin d’approbation à la dimension religieuse de l’homme:

Le désir d’approbation est spirituel et le comportement qu’il inspire est religieux. Le besoin de reconnaissance est au cœur de l’expérience humaine et couvre toute l’histoire de l’humanité. Derrière ce besoin d’approbation se cache le sentiment que quelque chose ne va pas avec nous et, plus profondément, que quelque chose ne va pas avec le monde. En essayant de résoudre notre propre déchéance, nous devenons religieux – que nous offrions des chèvres à des dieux-lézards ou des selfies à nos followers Instagram. (p. 39)
Depuis la nuit des temps, les humains cherchent à s’améliorer, à s’autoperfectionner ou à se sauver eux-mêmes.

La seule solution
Augustin l’a bien dit: « Tu nous as fait pour Toi et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en Toi. » Cosper développe:

Nous aspirons à Dieu. Nous aspirons à notre maison, à une vie vécue, soufflée et mue en Lui. La religion est née comme un substitut à cette vie, un chemin indépendant vers la transcendance. Mais il échoue et a toujours échoué. (p. 44)
L’auteur de conclure:

Nous n’avons pas besoin de nous améliorer: nous avons besoin de rentrer à la maison. L’alternative à la religion désenchantée du paraître – une vie passée à chercher l’approbation dans le miroir de ce monde – est de trouver notre repos en Jésus.
Un examen
L’exemple cité au début de ce texte peut prêter à sourire, mais il est le symptôme d’un mal bien répandu. Bien souvent, nous cherchons l’approbation ailleurs qu’aux yeux de Dieu. Nous essayons de plaire à ceux qui nous entourent et fondons notre valeur sur la manière dont ils réagissent à nos « sacrifices virtuels. »
Quelle joie et quelle libération de savoir que le sacrifice parfait a déjà été offert! Notre approbation repose en lui, notre victime propitiatoire (Rm 3.25).
M.GIRALT