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Le livre « Les deux Babylones », du révérend Alexander Hislop, est encore une fois à la pointe de l’enseignement et ne laisse aucune polémique sur l’origine du baptème des enfants. Lisons donc le chapitre 4 de son livre  » les deux Babylones » pour comprendre d’ou vient le baptème des enfants et sa philosophie antichrétienne.

 

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CHAPITRE 4

Doctrine et discipline

Lorsque Linacer, médecin distingué et catholique bigot du règne d’Henri VIII, tomba pour la première fois sur le Nouveau Testament, après l’avoir lu il le rejeta avec impatience et poussant un gros juron, s’écria: « Ou
ce livre n’est pas vrai, ou nous ne sommes pas chrétiens. » Il vit tout de suite que le système de Rome et le système du Nouveau Testament sont directement opposés: celui qui les compare avec impartialité ne peut
arriver à une autre conclusion. En passant de la Bible au bréviaire, on semble passer de la lumière aux ténèbres. Tandis que l’un proclame: « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts, paix sur la terre et bienveillance
envers les hommes », l’autre enseigne ce qui est déshonorant pour le Très-haut et pernicieux pour le bien-être moral et spirituel de l’humanité. Comment des doctrines et des pratiques si funestes ont-elles été embrassées, adoptées par la papauté? La Bible est-elle si obscure ou équivoque que les hommes aient pu supposer qu’elle
leur demandait de croire et de pratiquer le contraire de ce qu’elle disait? Non, la doctrine et la discipline de la papauté n’ont jamais été empruntées à la Bible. Ce qui le prouve c’est que partout où elle le peut, elle anathématise la lecture de la Bible, condamne aux flammes ce don de l’amour céleste ou le ferme sous clef. Mais on peut l’établir encore plus catégoriquement en examinant les principales colonnes de l’édifice papal empruntées à Babylone. Que le lecteur en examine maintenant les preuves.

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Article 1 – Régénération par le baptême

On sait que la régénération par le baptême est un article fondamental de Rome et qu’il se trouve à l’entrée même du système Romain. Suivant  elle-même, le baptême est si important dans ce but, que d’un côté
on déclare qu’il est absolument nécessaire pour être sauvé1, tellement qu’un enfant mort sans baptême ne peut pas être reçu dans la gloire; et de l’autre, ses vertus sont si grandes qu’on le déclare dans tous les cas infaillible pour nous régénérer par une nouvelle naissance spirituelle en nous faisant enfants de Dieu2. On l’appelle la première porte par laquelle nous entrons dans le bercail de Jésus-Christ, le premier moyen par lequel nous recevons la grâce de la réconciliation avec Dieu. Aussi les mérites de Jésus sont-ils appliqués par là à nos âmes d’une manière si surabondante, qu’ils satisfont pleinement la justice divine pour tout ce qu’elle exige de nous, soit à cause du péché originel, soit à cause du péché actuel3. Or, des deux côtés cette doctrine est antiscripturaire;
des deux côtés elle est purement païenne. Elle est anti-scripturaire, car le Seigneur Jésus-Christ a expressément déclaré que ces enfants, sans le baptême, ou sans aucune autre loi, peuvent être admis dans
la gloire céleste. « Laissez les petits enfants venir à moi et ne les empêchez point: car le royaume des cieux
est pour ceux qui leur ressemblent. » (Matthieu XIX, 14). Jean-Baptiste, étant encore dans le sein de sa mère, fut si rempli de joie à la nouvelle de la naissance du Sauveur, que la salutation de Marie ayant frappé les oreilles de sa mère, l’enfant tressaillit dans le sein maternel (Luc I, 41, 44).

Si cet enfant était mort en venant au monde, qu’est-ce qui aurait pu l’exclure de l’héritage des saints dans la lumière pour lequel il avait été si
évidemment préparé? Cependant l’évêque catholique romain Hay, se défiant de tout principe de la Parole de Dieu, n’hésite pas à poser la question suivante: « Que devient l’enfant mort sans baptême? » Réponse: « Si un jeune enfant était mis à mort pour l’amour du Christ, ce serait le baptême de sang, et il irait au ciel; mais excepté ce cas, comme ces enfants ne peuvent pas désirer le baptême avec les autres dispositions nécessaires, s’ils ne sont pas baptisés d’eau ils ne peuvent pas aller au ciel4. » Cette doctrine n’a jamais pu venir de la Bible, d’où vient-elle donc? Elle est venue du paganisme. Le lecteur au courant des classiques se rappellera certainement dans quel état Énée, alors qu’il visitait les régions de l’enfer, trouva les âmes des malheureux enfants morts sans avoir été administrés selon les rites de l’Église: « Il entend les voix plaintives des enfants dont les âmes pleurent à l’entrée des enfers: infortunés qui, entrés dans la vie, n’en ont point connu les
douceurs, et qu’une mort prématurée a ravis au sein maternel5. » Ces malheureux enfants, afin de glorifier la vertu et l’efficace des rites mystérieux du paganisme, sont exclus des Champs-Élysées, le paradis des païens, et n’ont chez leurs compagnons les plus rapprochés de meilleure compagnie que celle des suicidés: « Près d’eux, tristes et abattus, sont les mortels qui sans avoir commis de crimes se sont donné la mort de leur propre main, et qui, désertant le jour, ont rejeté leurs âmes loin de leurs corps6. »
Voilà pour le manque de baptême. Quant à son efficacité positive, lorsqu’on l’a obtenu, la doctrine papale est aussi anti-scripturaire. Il y a des protestants déclarés qui croient à la doctrine de la régénération baptismale; mais la Parole de Dieu n’en dit rien. Voici la déclaration de l’Écriture sur le baptême: il ne donne pas une naissance nouvelle, mais c’est un moyen désigné pour signifier et sceller cette nouvelle naissance là où elle existe déjà. À cet égard le baptême repose sur le même fondement que la circoncision. Or qu’est-ce que la Parole de Dieu nous dit de l’efficace de la circoncision? Elle dit, parlant d’Abraham: « Il reçut le signe de la…………………….

1 L’évêque HAY, Le Chrétien sincère, vol. I, p. 363. Il y a deux exceptions à cette déclaration: le cas d’un
infidèle converti dans un pays païen où il est impossible de recevoir le baptême, et le cas d’un martyr
baptisé, comme on dit, dans son propre sang; mais dans tous les autres cas, pour les jeunes comme pour
les vieux, la nécessité est absolue.
2 ibid. p. 356.
3 ibid. p. 358.
4 Le Chrétien sincère, vol. I, p. 362.
5 VIRGILE, Enéide, liv. VI, v. 427-429.
6 ibid. v. 436. Entre les enfants et les suicidés il y a une autre catégorie, ceux qui sur terre ont été
injustement condamnés à mort et pour qui il n’y a plus d’espoir.

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…………………..circoncision comme sceau de la justification par la foi bien qu’il fût encore incirconcis. » (Romains IV, 11).
La circoncision ne devait donc pas faire d’Abraham un juste: il était juste déjà avant d’avoir été circoncis. Mais elle devait le déclarer juste afin de lui mieux démontrer sa justice. Si Abraham n’avait pas été juste avant sa
circoncision, sa circoncision n’aurait pas été un sceau et n’aurait pu confirmer ce qui n’existait pas. Il en est de même du baptême, c’est un sceau de la justification par la foi que l’homme possède avant d’être baptisé. Car il est dit: « Celui qui croit et qui est baptisé sera sauvé. » (Marc XVI, 16). Là où la foi existe, si elle est sincère, c’est la preuve d’un coeur nouveau, d’une nature régénérée, et c’est seulement sur la profession de cette foi et de la régénération, s’il s’agit d’un adulte, qu’il est admis au baptême. Même s’il s’agit d’enfants incapables de faire profession de foi ou de sainteté, l’administration du baptême n’a pas pour but de les régénérer, ou de les sanctifier, mais de les déclarer saints, c’est-à-dire propres à être consacrés, même dans l’enfance, au service
du Christ, comme toute la nation d’Israël, à cause de sa parenté avec Abraham, suivant la chair, était sanctifiée pour le Seigneur. S’ils n’étaient pas saints dans ce sens figuré, ils n’étaient pas propres pour le baptême qui est le sceau d’un état de sainteté. Mais la Bible les déclare saints, à cause de leur descendance de parents croyants et cela même lorsqu’un seul des parents est fidèle: « Le mari infidèle est sanctifié par sa femme et la femme infidèle est sanctifiée par son mari, – autrement vos enfants seraient impurs, tandis qu’ils sont saints. »
(I Corinthiens VII, 14). Ils sont donc baptisés à cause de leur sainteté et pour la proclamer solennellement,
avec toutes les responsabilités qui en découlent. Cette sainteté cependant, est bien différente de la sainteté de la nouvelle nature; et quoique le fait du baptême, si on le considère au point de vue scripturaire et qu’on l’améliore en conséquence, soit dans la main de Dieu, un moyen important de faire de cette sainteté une
glorieuse réalité dans le sens le plus élevé du mot, cependant il n’assure pas nécessairement dans tous les cas la régénération spirituelle. Dieu peut donner ou ne pas donner, suivant qu’il lui plaît, un coeur nouveau avant, pendant ou après le baptême; mais il est évident que des milliers qui ont été baptisés sont encore irrégénérés;
ils sont encore exactement dans la même position que Simon le magicien qui, après avoir été baptisé par
Philippe, était encore « dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité » (Actes VIII, 23).
La doctrine de Rome, cependant, est que tous ceux qui sont canoniquement baptisés, quoique ignorants,
quoique immoraux, pourvu qu’ils croient implicitement à l’Église, et livrent leur conscience aux prêtres, sont aussi régénérés que jamais ils pourront l’être, et que les enfants sortant de l’eau du baptême sont entièrement purifiés du péché originel. Aussi voyons-nous que les missionnaires jésuites de l’Inde se vantent de faire des convertis par milliers, en les baptisant simplement, sans leur donner la moindre instruction préalable, alors qu’ils sont encore dans l’ignorance la plus complète des vérités du christianisme et sur leur simple promesse
d’être soumis à Rome. Cette doctrine de la régénération baptismale est aussi essentiellement Babylonienne.
On s’étonnera, peut-être, à l’idée que la régénération ait été connue dans le monde païen; mais qu’on aille
seulement dans l’Inde on trouvera aujourd’hui les bigots Hindous, qui n’ont jamais prêté l’oreille à une instruction chrétienne, aussi familiarisés que nous-mêmes à cette expression et à cette idée.

Les Brahmanes se vantent d’être des hommes nés deux fois7 et dans cette condition, ils se disent assurés d’un bonheur éternel.
Or, il en était de même à Babylone et la nouvelle naissance y était conférée par le baptême. Dans les mystères
Chaldéens, avant de donner aucune instruction, on demandait avant tout à ceux qu’on allait initier, de recevoir
le baptême en signe d’une obéissance aveugle et complète. Nous lisons dans des auteurs anciens un témoignage direct du double fait du baptême et de sa signification. Dans certains rites sacrés des païens, dit
Tertullien, faisant spécialement allusion au culte d’Isis et de Mithra, l’initiation se fait par le baptême8. Le mot initiation signifie clairement qu’il fait allusion aux mystères de ces divinités. Ce baptême se faisait par immersion.
Et il paraît que c’était une cérémonie difficile et périlleuse, car nous lisons que celui qui passait dans les eaux de purification et subissait diverses épreuves nécessaires était admis, s’il survivait, à la connaissance des mystères9. Il fallait pour affronter cette initiation un courage peu ordinaire. Il y avait cependant cette raison………………

7 Voir Recherches asiatiques, vol. VII, p. 271.
8 TERTULLIEN, De Baptismo, vol. I, p. 1204.
9 Elioe Comment, dans GREG. NAZ. Orat. IV. GREGORII NAZIANZENI, Opera, p. 245.

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…………………………………puissante pour les déterminer, c’est que tous ceux qui étaient ainsi baptisés, nous dit Tertullien, avaient la
promesse de la régénération et le pardon de tous leurs parjures10. Les adorateurs d’Odin pratiquaient le rite du baptême, qui, si on le rapproche de leur but avoué, montre qu’au moins à l’origine, ils ont dû croire qu’on pouvait purifier le péché naturel et la corruption de leurs nouveau-nés en les aspergeant d’eau ou en les plongeant immédiatement après leur naissance dans des lacs ou des rivières11. Il y a plus: de l’autre côté de l’Atlantique, à Mexico, on trouva la même doctrine de régénération par le baptême en vigueur chez les
indigènes, lorsque Cortez et ses guerriers débarquèrent sur leurs rivages12.

La cérémonie du baptême mexicain, que les missionnaires catholiques romains de l’Espagne contemplaient avec étonnement, est décrite de la manière suivante dans la Conquête du Mexique de Prescott: « Lorsqu’on avait achevé tous les préparatifs du baptême, on réunissait tous les parents de l’enfant et on faisait venir la sage-femme qui devait accomplir
la cérémonie du baptême13. Au point du jour tous s’assemblaient dans la cour de la maison; au lever du soleil, la sage-femme prenant l’enfant dans ses bras demandait un petit plat de terre rempli d’eau, pendant que ceux qui l’assistaient plaçaient dans la cour les ornements préparés pour le baptême. Pour accomplir la cérémonie, elle tournait le visage vers l’occident et commençait aussitôt certaines formalités. Ensuite elle aspergeait d’eau la tête de l’enfant et disait: « Ô mon enfant, prends et reçois l’eau du Seigneur du monde qui est notre vie et qui est donnée pour faire croître et renouveler notre corps. Elle est destinée à nous laver et à nous purifier. Puissent ces gouttes célestes entrer dans ton corps et y demeurer, puissent-elles détruire et éloigner de toi tout
le mal et tout le péché qui t’a été transmis avant le commencement du monde, puisque tous nous sommes sous son pouvoir! » Alors elle lavait avec l’eau le corps de l’enfant et parlait ainsi: « D’où que tu viennes, toi qui es funeste à cet enfant, laisse-le et éloigne-toi de lui, car maintenant il a une nouvelle vie et il est né de nouveau, maintenant il est purifié et nettoyé de nouveau et notre mère Chalchivitlycue (la déesse de l’eau)
l’amène dans le monde. » Ayant ainsi prié, la sage-femme prend l’enfant dans ses mains et l’élevant vers le ciel dit: « O Seigneur, tu vois cette créature que tu as envoyée dans le monde, ce lieu de chagrin, de souffrance et de pénitence, accorde-lui, ô Seigneur, tes dons et ton inspiration, car tu es le grand Dieu et avec toi est la
grande Déesse14» » Voilà bien certainement l’opus operatum. Voilà aussi la régénération par le baptême et l’exorcisme15 aussi parfaits et aussi complets que pourrait le désirer un prêtre romain ou un partisan du Tractarianisme.
Le lecteur demandera-t-il quelles preuves démontrent que le Mexique a emprunté cette doctrine à la Chaldée?
La preuve est décisive. Nous savons, d’après les recherches d’Humboldt, que les Mexicains honoraient Wodan comme le chef de leur race; exactement comme les anciens Anglais le faisaient. Le Wodan ou Odin de Scandinavie est le même, on peut le prouver, que l’Adon de Babylone16. Le Wodan du Mexique, on le verra par la citation suivante, est absolument le même. D’après les anciennes traditions réunies par l’évêque Francis Munez de la Vega, dit Humboldt, le Wodan des Chiapanais (Mexicains) était petit-fils de ce vieillard illustre,
qui, à l’époque du grand déluge, où périt la plus grande partie de l’humanité, fut sauvé sur un radeau avec sa famille. Wodan contribua à la construction de ce grand édifice que les hommes tentèrent d’élever jusqu’aux cieux. L’exécution de ce projet téméraire fut interrompue; chaque famille eut dès lors un langage différent; et le grand esprit Teotl ordonna à Wodan d’aller peupler la contrée d’Anahuac17. Voilà qui démontre d’une…………………………………

10 TERTULLIEN, De Baptismo, vol. I, p. 1205.
11 Voir MALLET, Le baptême anglo-saxon, Antiquités, vol. I, p. 335.
12 HUMBOLDT, Recherches Mexicaines, vol. I, p. 185.
13 Comme le baptême est absolument nécessaire au salut, Rome autorisa les sages-femmes à l’administrer.
Au Mexique, la sage-femme paraît avoir été une prêtresse.
14 PRESCOTT, Le Mexique, vol. III, p. 339-340.
15 Dans la cérémonie romaine du baptême la première chose que le prêtre doive faire, c’est d’exorciser le
diable pour le chasser de l’enfant qu’on va baptiser, au moyen de ces paroles: « Sors de cet enfant, esprit
impur, fais place à l’Esprit-Saint le conso lateur. » Le Chrétien sincère, vol. I, p. 365. Dans le Nouveau
Testament, il n’y a pas la moi ndre allusion à aucun exorcisme d e ce genre acco mpagnant le baptême
chrétien. Il est entièrement païen.
16 Pour les preuves, voir Appendice, note L.
17 HUMBOLT, Recherches Mexicaines, vol. I, p. 320.

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…………………………………….manière évidente l’origine de la mythologie Mexicaine et aussi de la régénération baptismale que les Mexicains avaient en commun avec les adorateurs égyptiens et perses de la reine chaldéenne du Ciel. Prescott, il est vrai, doute de l’authenticité de cette tradition, comme étant trop exactement analogue avec l’histoire
scripturaire pour être digne de foi. Mais le célèbre Humboldt qui avait examiné soigneusement le sujet et qui n’avait aucune raison pour le contredire, déclare qu’il croit entièrement à l’exactitude de cette tradition. Je dirai même qu’on peut le prouver, d’après les pages si intéressantes de Prescott, pour chaque trait essentiel, à la
seule exception du nom de Wodan auquel il ne fait aucune allusion. Mais heureusement, le fait que ce nom avait été porté par quelque illustre héros parmi les ancêtres supposés de la race Mexicaine est mis hors de
doute, par cette circonstance singulière que les Mexicains avaient un de leurs jours appelé Jour de Wodan, exactement comme les Anglais en ont un18. C’est là, si on la rapproche de toutes les circonstances, une preuve
frappante à la fois de l’unité de la race humaine et de la large diffusion du système qui commença à Babylone.
Si l’on demande: comment les Babyloniens eux-mêmes ont-ils adopté cette doctrine de la régénération par le baptême? C’est là une question qu’on peut élucider. Dans les mystères Babyloniens la commémoration du déluge, de l’arche et des grands événements de la vie de Noé, se mêlait au culte de la reine du ciel et de son fils. Noé, pour avoir vécu dans deux mondes, le monde avant le déluge et le monde après le déluge, était appelé Diphues ou celui qui est né deux fois19, et
était représenté sous les traits d’un dieu à deux têtes, tournées dans deux directions opposées, l’une jeune, l’autre vieille20. 

Nous avons vu que Janus, le dieu à deux
têtes, se rapportait en un sens à Cush et à son fils Nemrod, considérés comme un seul dieu, sous un double aspect, comme le dieu suprême, le père de tous les héros déifiés; et cependant pour lui acquérir l’autorité et le respect essentiels à son titre futur de chef du grand système d’idolâtrie inaugurée par les apostats, il était nécessaire de le représenter d’une manière ou de l’autre comme identique au grand patriarche qui était le père de tous et avait une histoire si merveilleuse. Aussi dans les légendes de Janus, nous voyons, mêlées à d’autres
traits provenant d’une source tout à fait différente, des déclarations non seulement sur ce fait qu’il était le père du monde, mais sur celui-ci qu’il était l’inventeur des navires21, ce qui est évidemment un emprunt à l’histoire de Noé; c’est pour cela que la manière étonnante dont il est représenté dans cette gravure (fig. 34) que nous mettons sous les yeux du lecteur, avait été inspirée par l’histoire du grand patriarche, à l’intégrité duquel l’Écriture fait si particulièrement allusion quand elle parle du double aspect de sa vie: « Noé fut un homme juste et intègre dans sa postérité » (Genèse VI, 9), c’est-à-dire dans sa vie avant et après le déluge.
Toute la mythologie de Grèce et de Rome, comme celle de l’Asie, est remplie de l’histoire et des exploits de Noé auxquels il est impossible de se méprendre. Dans l’Inde, le Dieu Vichnou, le conservateur, qu’on honore pour avoir miraculeusement sauvé une famille juste au moment où le monde fut submergé, offre l’histoire de Noé enveloppée dans cette légende; il est même appelé par son nom. Vichnou est exactement la forme sanscrite du Chaldéen Ishnuh, l’homme Noé ou l’homme de repos22. Quant à Indra, le roi des dieux et le dieu de la pluie, ce qui n’est évidemment qu’une autre forme du même dieu, on trouve ce nom sous la forme exacte d’Ishnu. Or, la légende même de Vichnou qui prétend faire de lui non une simple créature, mais le dieu suprême et éternel, montre que cette interprétation de son nom n’est pas une imagination sans fondement.
Voici comment il est célébré dans le Matsya Puran: « Le soleil, le vent, l’air, tous les éléments immatériels, étaient absorbés dans son essence divine et l’univers étant consumé, le Dieu éternel et tout-puissant, ayant
revêtu une ancienne forme, se reposa mystérieusement sur la surface du vaste océan. Mais nul ne peut savoir…………………………..

18 HUMBOLDT, vol. I, p. 319.
19 BRYANT, vol. XIV, p. 21.
20 ibid. p. 86.
21 BRYANT, vol. III, p. 78.
22 Le mot même, Ish, homme, usité dans le sanscrit avec le digamma préfixe: par exemple Vishampati, le
seigneur des hommes. WILSON, L’Inde il y a 3000 ans, p. 59.

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…………………………………………………..si cet être était alors visible ou invisible, quel était son saint nom, ou la cause de son mystérieux sommeil. Nul ne peut dire non plus combien il se reposa ainsi jusqu’à ce qu’il eût la pensée de créer; car nul ne l’a vu, nul ne s’est approché de lui, nul ne peut pénétrer le mystère de son essence réelle23. » Conformément à cette ancienne légende, Vichnou est encore représenté comme dormant quatre mois de l’année.
Maintenant rapprochez cette histoire du nom de Noé, l’homme du repos, et de son histoire personnelle pendant le déluge, lorsque le monde fut détruit, lorsque durant quarante jours et quarante nuits tout n’était que chaos, qu’on ne voyait ni soleil, ni lune, ni étoile scintillante, que la mer et le ciel étaient confondus et que tout n’était qu’un océan universel, sur la surface duquel flottait le patriarche; qu’il n’y avait nul être humain pour s’approcher de lui, sauf ceux qui étaient dans l’arche avec lui, et nous pénétrons aussitôt le mystère de son essence réelle, nous discernons le saint nom de cette personne et nous connaissons les causes de ce mystérieux sommeil. Or, partout on célèbre le nom de Noé soit sous le nom de Saturne le mystérieux24, car ce nom lui
était donné aussi bien qu’à Nemrod, parce qu’il fut caché dans l’arche, au jour de la terrible colère du Seigneur, soit sous celui d’Oannes ou Janus, l’homme de la mer; et il est généralement dépeint de manière à nous prouver qu’on le regardait comme Diphues, celui qui est né deux fois, ou le régénéré. Les Babyloniens nés deux fois, qui sont autant de dieux sur la terre, montrent bien par le titre qu’ils se décernent à eux-mêmes, que le dieu qu’ils représentent et dont ils réclament les prérogatives avait été connu comme celui qui est né deux fois.

Les rapports de la régénération avec l’histoire de Noé éclatent avec force dans les récits qui nous sont faits des mystères célébrés en Égypte. Les meilleurs savants versés dans les antiquités Égyptiennes, parmi lesquels
nous citerons Sir Gardiner Wilkinson, admettent que l’histoire de Noé se mêlait à celle d’Osiris25. Le vaisseau d’Isis et le cercueil d’Osiris flottant sur les eaux, se rapportent exclusivement à cet événement remarquable.
On déplorait la mort d’Osiris à différentes époques, dans diverses parties de l’Égypte, et à l’une de ces époques on célébrait plus particulièrement la mémoire du puissant chasseur devant l’Éternel, et à une autre, la
catastrophe terrible à laquelle Noé survécut. Dans la grande et solennelle fête appelée la disparition d’Osiris, il est évident que c’est Noé lui-même qui était censé s’être perdu. L’époque où Osiris fut enfermé dans son cercueil et où ce cercueil fut déposé à la surface de l’eau, d’après les déclarations de Plutarque, s’accorde exactement avec l’époque où Noé entra dans l’Arche. Ce fut le 17 du mois d’Athyr, alors que le Nil cesse de déborder, lorsque les nuits allongent et que les jours diminuent26. Le mois Athyr était le second mois après l’équinoxe d’automne, époque à laquelle commençait l’année des juifs et des patriarches. D’après cette déclaration donc, Osiris fut enfermé dans son cercueil le 17e jour du second mois de l’année patriarcale.
Comparez ce fait avec le récit scripturaire de l’entrée de Noé dans l’Arche, et vous verrez à quel point ils s’accordent: « l’an 600 de la vie de Noé, le deuxième mois, au 17e jour du mois, toutes les fontaines du grand abîme furent rompues,… ce jour-là Noé… entra dans l’Arche. » (Genèse VII, 11, 12); L’époque à laquelle, disait-on, Osiris (ou autrement Adonis) avait été renfermé dans son cercueil, était exactement la même que celle où Noé fut relégué dans l’Arche pendant une année27. Or, les déclarations de Plutarque démontrent que comme Osiris à cette fête était régale comme mort et enseveli quand il fut renfermé dans son arche ou dans son cercueil et confié à l’abîme, ainsi lorsqu’il en sortit, son nouvel état fut regardé comme celui d’une nouvelle vie, ou comme une régénération28……………………………………………..

23 Col. KENNEDY, La mythologie Hindoue, p. 228.
24 RYANT, vol. III, p. 75.
25 WILKINSON, vol. IV, p. 340.
26 PLUTARQUE, De Iside et Osiride, vol. II, p. 366. D.
27 POLLODORE, liv. III, c. X, IV, vol. I, p. 356-357. THÉOCRITE, Idylle, XV, 1. 103-104, p. 190-191;
Poetoe Groeci minores. Théocrite parle d’Adonis, délivré par Vénus, des régions infernales, après y être
demeuré pendant un an, mais comme cette scène se passe en Égypte, il est évident qu’il fait allusion à
Osiris, qui était l’Adonis des Égyptiens.
28 PLUTARQUE, De Iside et Osiride, p. 356, 367, etc. C’est sous les traits de Pthah-Sokari-Osiris, qu’il
était représenté comme ayant été enseveli sous les eaux (WILKINSON, vol. IV, p. 265). Sous son
caractère propre, simplement comme Osiris, il avait une tout autre sépulture.

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……………………………………….Nous avons toute raison de croire que par l’arche et le déluge, Dieu donna aux saints patriarches et principalement au juste Noé une représentation typique, vivante, du pouvoir du sang et de l’esprit de Christ, comme sauvant de son courroux et en même temps purifiant de tout péché, représentation qui était le sceau et la  confirmation la plus réjouissante de la foi des véritables croyants. Pierre semble y faire distinctement allusion lorsqu’il dit, parlant de cet événement: « C’est à cela que répond maintenant comme une figure le
baptême qui nous sauve. » (I Pierre III, 21). Les prêtres Chaldéens ont entièrement corrompu et dénaturé toutes les vérités primitives. Ils fermèrent volontairement les yeux sur ce fait, que c’est la justice par la foi que Noé avait avant le déluge qui lui permit de traverser sain et sauf les eaux vengeresses de cette terrible catastrophe, et l’introduisit du sein de l’arche, par une nouvelle naissance, dans un monde nouveau, lorsqu’arrêté sur le mont Ararat, il sortit de sa longue réclusion. Ils firent croire à leurs spectateurs qu’en passant seulement par les
eaux du baptême et les pénitences qui s’y rattachaient, cela suffisait pour faire d’eux, comme du second père de l’humanité, de Diphueis, nés deux fois ou régénérés, pour leur donner tous les privilèges du juste Noé et cette nouvelle naissance (palingenesia)29 dont leur conscience leur faisait sentir le pressant besoin. La papauté agit d’après le même principe, et c’est de cette source qu’elle a tiré sa doctrine de la régénération par le baptême, à propos de laquelle on a tant écrit et engagé tant de controverses, que l’on discute tant que l’on
voudra, c’est là et là seulement qu’on trouve la véritable origine de ce dogme anti-scripturaire30.
Le lecteur a déjà vu combien Rome a fidèlement copié l’exorcisme usité dans le baptême. Toutes les autres particularités qui se rattachent au baptême Romain, comme l’emploi du sel, de la salive, du chrême ou
l’onction avec l’huile, et la marque sur le front par le signe de la croix, sont également des usages païens.
Quelques partisans de Rome sur le continent, ont convenu que certains de ces usages n’ont pas été empruntés à l’Écriture. Jodocus Tiletanus de Louvain, défendant la doctrine de la tradition non écrite, n’hésite pas à dire:
« Nous ne sommes pas satisfaits de ce que l’Évangile ou les apôtres déclarent, mais nous disons avant comme après, qu’il y a plusieurs vérités graves et importantes qui sont acceptées et reçues par suite d’une doctrine qui n’est nulle part écrite. Car nous bénissons l’eau avec laquelle nous baptisons et l’huile dont nous oignons; et même nous bénissons celui que nous baptisons. Et, je vous le demande, dans quelle doctrine l’avons-nous appris? Ne le tenons-nous pas d’une ordonnance secrète et non écrite? Et de plus, quelle écriture nous enseigne à oindre avec l’huile? Oui, je vous le demande, d’où vient l’usage de plonger trois fois les enfants dans l’eau? Cela ne vient-il pas de cette doctrine cachée et mystérieuse que nos maîtres ont reçue en secret sans aucune autorité et qu’ils observent encore31. »

Ce savant théologien de Louvain maintient naturellement
que cette doctrine secrète et cachée dont il parle, était la parole non écrite, transmise par le canal de l’infaillibilité, depuis les apôtres du Christ jusqu’à son propre temps. Mais d’après ce que nous avons déjà vu, le lecteur aura une opinion différente sur la source de cette doctrine secrète et cachée. Le Père Newman admet pour l’eau sacrée (c’est-à-dire l’eau imprégnée de sel puis consacrée) et plusieurs autres choses qui étaient, comme il le dit lui-même, les instruments et les accessoires du culte du démon, que tous ces usages avaient leur origine païenne et qu’ils avaient été sanctifiés par leur introduction dans l’Église32. Quelle excuse, quel palliatif peut-il donc offrir pour une adoption si extraordinaire? Le voici: c’est que l’Église avait confiance
dans le pouvoir du christianisme pour résister à l’infection du mal, et pour faire servir cette doctrine à la cause de l’Évangile. Quel droit avait l’Église à entretenir une pareille confiance? Quelle union pouvait-il y avoir entre la lumière et les ténèbres? Quel accord entre Christ et Bélial? Que l’histoire de l’Église témoigne de la vanité, que dis-je, de l’impiété d’une semblable espérance! Que la suite de nos recherches verse sa lumière sur ce sujet!

29 PLUTARQUE, De Iside, vol. II, p. 36.
30 On s’est livré à beaucoup de spéculations sur le sens du nom de Shinar, appliqué à la région dont
Babylone était la capitale. Les faits ci-dessus mentionnés, ne jettent-ils pas de la lumière sur ce point? Ce
qui paraît le plus probable, c’est que ce nom vient de shenè, répéter, et naar, enfance. La pays de Shinar,
d’après cela, est donc exactement le pays du Régénérateur.
31 Revue du l’Épître du Dr. GENTIANUS HARVET, p. 19. B et 20. A.
32 NEWMAN, Développement, p. 359-360.

 

Ce formidable ennemi de la vérité est spécialement dépeint au verset 3 du ch. XII de l’Apocalypse:

« Et alors il parut dans le ciel un autre signe, c’était un grand dragon couleur de feu. » (Apocalypse XII, 3). Tout le monde admet que c’est le premier grand ennemi qui dans les temps évangéliques assaillit l’Église chrétienne.
Si l’on considère les termes dans lesquels il est décrit et les actes qu’on lui attribue, on verra qu’il y a une grande analogie entre ce dragon et le premier ennemi qui s’éleva contre l’ancienne église de Dieu quelque temps après le déluge. Le mot dragon, suivant les idées auxquelles on l’associe d’ordinaire, est bien fait pour égarer le lecteur en rappelant à son esprit les dragons fabuleux et ailés de l’antiquité. Quand cette divine
description fut donnée, l’expression de dragon n’avait point ce sens-là chez les auteurs sacrés ou profanes. Le dragon des Grecs, dit Pausanias, n’était pas autre chose qu’un grand serpent2, et le contexte montre que c’était bien le cas ici; car ce qui est appelé dragon dans le 3e verset (Apocalypse XII, 3) est simplement appelé serpent dans le 14e (Apocalypse XII, 14). Le mot traduit par rouge signifie proprement couleur de feu. Le
dragon rouge signifie donc dragon de feu, ou serpent de feu. C’est exactement le même qui, dans la première forme de l’idolâtrie, sous le patronage de Nemrod, apparut dans l’antiquité. Le serpent de feu des plaines de Shinar semble avoir été le grand objet de culte. Les preuves les plus solides montrent que l’apostasie commença chez les fils de Noé par le culte du feu, et cela, sous le symbole d’un serpent.
Nous avons déjàvu, en diverses occasions,que le feu étaient adorécommeétant la lumière et la force purificatrice. Or, il en était ainsi à l’origine. Toute l’antiquité, en effet, désigne Nemrod comme ayant inauguré ce culte du feu3. Nous avons déjà prouvé l’identité de Nemrod et de Ninus; on le représente aussi sous le nom de Ninus comme introduisant la même coutume. Dans un fragment d’Apollodore, il est dit que Ninus apprit aux
Assyriens à adorer le feu4. Le soleil, grande source de lumière et de chaleur, était adoré sous le nom de Baal.
Or, puisque le soleil était adoré sous ce nom aux époques les plus reculées, cela montre bien le caractère audacieux de ces premiers commencements de l’apostasie. On a cherché à montrer que le culte du soleil et des corps célestes était une pratique excusable dans laquelle la race humaine pouvait innocemment tomber.
Mais comment cela a-t-il pu se faire? Dans le langage primitif de l’humanité, le soleil s’appelait Shamesh, c’est-à-dire le serviteur. Ce nom était sans doute donné d’en haut pour rappeler au monde cette grande vérité que l’astre du jour, quelque glorieux qu’il fût, n’était après tout que le ministre de la bonté du grand créateur invisible envers ses créatures terrestres.
Les hommes le savaient et néanmoins avec cette entière connaissance, ils mirent le serviteur à la place du maître; ils l’appelèrent Baal, le seigneur, et l’adorèrent en conséquence. Aussi quelle signification dans ces paroles de Paul:

« Connaissant Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu; mais ils ont changé la vérité en
mensonge, et ont adoré et servi la créature, au lieu du Créateur, qui est Dieu au-dessus de tous, béni éternellement. » (Romains I, 21-25).

Le commencement du culte du soleil et du culte de l’armée du ciel était donc un péché contre la lumière, un péché de présomption, de lèse-majesté contre le ciel. Comme le soleil dans les cieux était le grand objet du culte, ainsi le feu était adoré comme son représentant sur la terre. Vitruve fait allusion à ce culte primitif du feu, quand il dit que les hommes se formèrent tout d’abord en états et en communautés en se réunissant autour des feux5. Et ceci est exactement d’accord avec ce que nous avons déjà
vu (p. 174) à propos de Phoronée, que nous avons identifié avec Nemrod; on lui attribuait l’invention du feu,……….

2 PAUSANIAS, liv. II,Corinthiaca, ch. 28, p. 175.
3 JOHANN. CLERICUS, tome II, p. 199, et VAUX, p. 8.
4 MÜLLER, frag. 68, vol. I; p. 440.
5 VITRUVE, vol. II, liv. II, ch. I, p. 36, etc.

…………..et on le considérait aussi comme le premier qui ait réuni la race humaine en communautés. En même temps que le soleil, le grand dieu du feu, le serpent eut aussi son culte et s’identifia avec lui (fig. 52).

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Dans la mythologie du monde primitif, dit Owen, le serpent est
universellement le symbole du soleil6. En Égypte, l’un des symboles les plus communs du soleil ou du dieu soleil est un disque entouré d’un serpent7. Voici croyons-nous, la raison première de cette identification: comme le soleil était la grande lumière du monde physique, ainsi le serpent était considéré comme la grande lumière du monde spirituel, qui donnait à l’humanité la connaissance du bien et du mal.
Ceci implique naturellement une affreuse dépravation de la part des meneurs dans un pareil système, si on considère l’époque où il commença; mais c’est là, je le crois, le véritable sens de cette identification. En tout cas, nous avons des preuves scripturaires et profanes, pour établir que le culte du serpent commença en même temps que le culte du feu et du soleil. La déclaration inspirée de Paul sur cette question nous paraît décisive:

« Ce fut, dit-il, quand les hommes connaissaient Dieu, mais qu’ils ne le glorifiaient pas comme Dieu, qu’ils changèrent la gloire de Dieu, non seulement en des images semblables à l’homme corruptible, mais en des images de bêtes rampantes, c’est-à-dire de serpents. » (Romains I, 23)

l’histoire profane s’accorde avec cette déclaration. Parmi les auteurs profanes, Sanchoniathon, le Phénicien, qui, dit-on, vivait à l’époque de Josué, s’exprime ainsi: « Thoth le premier attribua quelque chose de la nature divine au serpent
et à la tribu du serpent, et il fut imité en cela par les Phéniciens et les Égyptiens. » Cet animal, en effet, lui paraissait le plus spirituel de tous les reptiles: il est, dit-il, de la nature du feu; car il déploie une agilité incroyable, et se meut par le simple effet de sa volonté sans le secours de mains ni de pieds. En outre, il vit très longtemps et a la vertu de renouveler sa jeunesse, ainsi que l’a déclaré Thoth dans ses livres sacrés; c’est
pour ces raisons qu’on a introduit cet animal dans les mystères et dans les rites sacrés8.
Or, Thoth, il faut se le rappeler, était le conseiller de Thamus, c’est-à-dire Nemrod9.

Cette déclaration nous permet donc de conclure que le culte du serpent formait une partie de l’apostasie primitive de Nemrod. La nature de feu du serpent à laquelle l’extrait ci-dessus fait allusion est partout chantée par les poètes païens.
Virgile, parlant de cette nature divine attribuée aux serpents, comme le remarque l’auteur des « Pompéiens »10,
décrit le serpent sacré qui sortit de la tombe d’Anchise, lorsque son fils Énée a offert le sacrifice, en des termes qui jettent une vive lumière sur le langage de Sanchoniathon, et sur le serpent de feu dont nous nous occupons. « À peine avait-il fini de parler que du fond de l’asile sacré sort un énorme serpent dont le corps déroule sept immenses anneaux, sept replis tortueux; il embrase mollement la tombe, et se glisse autour des
autels. Son dos est émaillé d’azur, et ses écailles tachetées étincellent de tout l’éclat de l’or11. »
Il n’est donc pas étonnant que le culte du feu et le culte du serpent aient été réunis. Le serpent aussi, renouvelant chaque année sa jeunesse, était sans doute représente à ceux qui voulaient une excuse pour leur idolâtrie, comme un emblème exact du soleil, le grand régénérateur, qui chaque année régénère et renouvelle la nature, et qui une fois divinisé, fut adoré comme le grand régénérateur des âmes.

6 OWEN, dans DAVIES, Les Druides, note p. 437.
7 BUNSEN, Hiéroglyphes, vol. I, p. 497.
8 SANCHONIATHON, liv. I, p. 46-49.
9 Voir note 1, p. 88.
10 Vol. II, p. 104.
11 Virgile, liv. V, v. 84-88.

La suite prochainement…….

Enseignement du Réverend Alexander Islop, 19ème siècle.

 

Les festins de Noël

Pour montrer le rapport qu’il y a entre une contrée et une autre, et la persistance invétérée des anciennes coutumes, il est bon de remarquer que Jérôme, commentant les paroles d’Ésaïe que nous venons de citer, sur l’usage de dresser une table pour Gad et d’offrir des libations à Meni, déclare que de son temps (au IVe siècle), c’était encore la coutume dans toutes les villes et surtout en Égypte et à Alexandrie, de préparer des tables et de les charger de toutes sortes de mets recherchés et des coupes contenant du vin nouveau, le dernier jour du mois et de l’année: la foule en tirait des présages sur la fertilité de l’année.
L’année égyptienne commençait à une époque différente de la nôtre; mais c’est aussi exactement que possible (en remplaçant seulement le vin par le whisky) la manière dont on observe encore Hogmanay en Écosse, le dernier jour du mois de l’année. Je ne sais pas si on tire aucun présage de ce qui se fait alors, mais tout le monde, dans le sud de l’Écosse, sait parfaitement qu’à Hogmanay, ou la veille du nouvel an, parmi ceux qui observent encore les vieilles coutumes, on prépare une table, et que pendant qu’on offre des gâteaux et autres friandises, on distribue des galettes de gruau et de fromage à ceux qui n’en voient jamais qu’à cette occasion, et que la boisson forte entre pour une large part dans le menu du jour.
Là même où le soleil était l’objet favori du culte, comme à Babylone et ailleurs, il était adoré à cette fête, non seulement comme le globe du jour, mais comme le dieu incarné. – C’était un principe essentiel du système Babylonien, que le soleil ou Baal était le seul Dieu. Lors donc qu’on adorait Tammuz comme étant le Dieu incarné, cela voulait dire aussi qu’il était une incarnation du soleil. Dans la mythologie Hindoue, qui, on le sait, est essentiellement Babylonienne, ce fait ressort distinctement. Surya, ou le soleil, y est représenté comme étant incarné, et venant dans le monde pour soumettre les ennemis des dieux qui, sans cette naissance, n’auraient jamais été soumis.

Ce n’était donc pas une fête astronomique que les païens célébraient au solstice d’hiver. Cette fête s’appelait à Rome la fête de Saturne et la manière dont on la célébrait montre bien son origine.

Organisée par Caligula, elle durait cinq jours. L’ivrognerie et la débauche se donnaient libre carrière, les esclaves étaient provisoirement émancipés et avaient avec leurs maîtres toutes sortes de libertés. – C’était précisément de cette manière qu’on célébrait à Babylone, suivant Berose, la fête du mois Thebeth, correspondant à notre mois de décembre, ou en d’autres termes, la fête de Bacchus: C’était l’usage, dit-il, pendant les cinq jours qu’elle durait, que les maîtres fussent soumis à leurs serviteurs, et que l’un d’eux, vêtu comme un roi d’une robe de pourpre, gouvernât la maison. On appelait ce domestique ainsi vêtu, Zoganes, l’homme du plaisir et de la dissipation; il correspondait exactement au « dieu du tumulte » qui dans les époques de ténèbres, fut choisi dans tous les pays catholiques pour présider aux fêtes de Noël. La coupe des festins de Noël a son contrepied dans « le festin de l’ivresse » à Babylone, et plusieurs autres coutumes encore observées à Noël ont la même origine.

Les bougies à Noël

Les bougies qu’on allume la veille de Noël dans quelques parties de l’Angleterre et qu’on garde pendant toute la durée des fêtes, étaient aussi allumées par les païens la veille de la fête de la naissance du dieu Babylonien et en son honneur; car c’était l’une des particularités de son culte d’avoir des bougies allumées sur ses autels.

L’arbre de Noël

L’arbre de Noël, si connu aujourd’hui parmi nous, était aussi connu dans la Rome et dans l’Égypte païennes. En Égypte c’était le palmier, à Rome le sapin; le palmier dénotait le Messie païen, Baal-Tkmar, le sapin se rapportait à lui sous son caractère de Baal-Berith. La mère d’Adonis, le dieu soleil, la divinité médiatrice avait été, disait-on, changée en arbre, et dans cet état elle avait enfanté son fils. Si la mère était un arbre, le fils doit avoir été reconnu comme l’homme-branche. Et c’est ce qui explique pourquoi on mettait au feu la bûche de Yule la veille de Noël, et pourquoi le lendemain on trouvait l’arbre de Noël. En qualité de Zero-ashta, la semence de la femme, qui signifie aussi Ignigena, ou né du feu, il doit entrer dans le feu pendant la nuit de la Mère, afin de pouvoir naître le lendemain, comme branche de Dieu, ou l’arbre qui donne aux hommes tous les dons célestes.
Mais pourquoi, demandera-t-on, entre-t-il dans le feu sous le symbole d’une bûche? Pour le comprendre, il faut se rappeler que le divin enfant né au solstice d’hiver était comme une nouvelle incarnation du grand dieu (après que ce dieu eut été mis en pièces) afin de venger sa mort sur ses meurtriers. Or, le grand dieu, brisé au milieu de son pouvoir et de sa gloire, était représente sous la forme d’un gros arbre, dépouillé de ses branches, et coupé presque à hauteur de terre. Mais le grand serpent, symbole d’Esculape qui rend la vie, s’enroule autour du tronc sans vie, et voici (fig. 27) qu’à ses côtés surgit un jeune arbre, un arbre d’une espèce entièrement différente, qui ne doit jamais être abattu par aucune puissance ennemie, un palmier, symbole bien connu de la victoire.
L’arbre de Noël, comme on l’a déjà vu, était ordinairement à Rome un arbre différent, c’était le sapin; mais le palmier rappelait la même idée que le sapin de Noël; car il symbolisait mystérieusement le dieu né de nouveau, Baal-Berith, le Seigneur de l’alliance, et ainsi témoignait de la perpétuité et de la nature de son pouvoir, maintenant qu’après avoir succombé sous ses ennemis, il s’était élevé en triomphe au-dessus d’eux. Aussi le 25 décembre, jour qu’on observait à Rome comme le jour où le dieu victorieux était réapparu sur la terre, était-il considéré comme « natalis invicti solis », le jour de naissance du soleil invaincu. Or, la bûche de Yule est le tronc mort de Nemrod, déifié comme dieu-soleil, mais renversé par ses ennemis; l’arbre de Noël est Nemrod redivivus, le dieu mis à mort rendu de nouveau à la vie. À la lumière jetée par ce fait sur les coutumes qui persistent encore en Angleterre, et dont l’origine s’est perdue au milieu d’une antiquité reculée, que le lecteur considère la singulière pratique encore en usage dans le sud la veille de Noël, celle de s’embrasser sous la branche de gui. La branche de gui, dans la superstition druidique, qui nous l’avons vu, venait de Babylone, était une représentation du Messie, l’homme-branche. Le gui passait pour une branche divine , une branche qui venait du ciel et poussait sur un arbre qui sortait de la terre. Ainsi en greffant la branche céleste sur un arbre terrestre, le ciel et la terre que le péché avait séparés, étaient réunis, et ainsi la branche de gui devint le gage de la réconciliation de Dieu avec l’homme; le baiser en effet, est le gage bien connu du pardon et de la réconciliation.
D’où pouvait venir une pareille idée? Ne serait-ce pas des versets du psaume 85: « La grâce et la vérité se sont rencontrées; la justice et la paix se sont entrebaisées; la vérité jaillira de la terre (à cause de la venue du Sauveur promis) et la justice regardera du haut des cieux? » (Psaumes LXXXV, 10, 11). C’est possible; mais il est certain que ce psaume fut écrit bientôt après la captivité de Babylone, et comme des foules de Juifs, après cet événement, demeuraient à Babylone sous la direction d’hommes inspirés, comme Daniel, il doit leur avoir été communiqué comme partie de la Parole divine aussi bien qu’à leurs frères de Palestine.

Le sanglier aux dîners de Noël en Angleterre

Babylone était à cette époque le centre du monde civilisé, et ainsi le paganisme, corrompant le divin symbole comme il l’a toujours fait, avait des facilités pour propager jusqu’aux extrémités de la terre son odieuse contrefaçon de la vérité, grâce aux mystères affiliés avec le grand système qui avait son centre à Babylone. Ainsi les coutumes de Noël qui existent encore jettent une lumière étonnante sur les révélations de la grâce faite à toute la terre, et sur les efforts tentés par Satan et ses émissaires pour les matérialiser et les rabaisser!
Dans bien des pays, on sacrifiait au dieu un sanglier pour expier l’injure que, d’après la légende, un sanglier lui avait faite. Suivant une version de l’histoire de la mort d’Adonis, ou Tammuz, ce dieu mourut de la blessure faite par la dent d’un sanglier. La fable raconte que le Phrygien Attès, le bien-aimé de Cybèle, dont l’histoire était identifiée à celle d’Adonis, mourut de la même manière . Aussi Diane qui, représentée ordinairement dans les mythes populaires comme une chasseresse, était en réalité la grande mère des dieux, a-t-elle souvent près d’elle une tête de sanglier, non pas en signe d’une chasse heureuse, mais bien de triomphe, sur le grand ennemi du système idolâtre dans lequel elle occupait une place si importante. D’après Théocrite, Vénus se réconcilia avec le sanglier qui tua Adonis, parce que le jour où on l’amena enchaîné à ses pieds, il se défendit éloquemment, en disant qu’il n’avait point tué son époux par méchanceté, mais simplement par accident. Cependant, en souvenir de la mort causée par le sanglier du mythe, plus d’un sanglier perdit sa tête ou fut offert en sacrifice à la déesse irritée. Smith nous représente Diane avec une tête de sanglier auprès d’elle, au haut d’un monceau de pierres où l’on représente l’empereur Trajan brûlant de l’encens à cette même déesse, et où la tête du sanglier est très apparente. Le jour de Noël, les Saxons du continent offraient un sanglier en sacrifice au soleil pour se rendre propice cette déesse, à cause de la perte de son bien-aimé Adonis. À Rome il y avait une coutume semblable; le sanglier formait le centre principal de la fête de Saturne, comme le prouve ce vers de Martial:Ce sanglier te fera une bonne saturnale. C’est pour cela que la tête du sanglier est encore un plat important en Angleterre aux dîners de Noël, alors que la raison en est depuis longtemps oubliée..

L’oie de Noël et les gâteaux de Yule

Bien plus, l’oie de Noël et les gâteaux de Yule, étaient des articles essentiels du culte du Messie Babylonien, tel qu’il était pratiqué en Égypte et à Rome. Wilkinson, parlant de l’Égypte, nous apprend que l’offrande préférée d’Osiris était une oie , et de plus que l’oie ne pouvait se manger que dans le coeur de l’hiver. À Rome, nous dit Juvénal, si l’on offensait Osiris, on ne pouvait l’apaiser que par une belle oie et un gâteau mince. Dans bien des pays, nous en avons la preuve, l’oie avait un caractère sacré. On sait fort bien que le Capitule de Rome fut sauvé, au moment où les Gaulois allaient le prendre au milieu de la nuit, par les cris des oies sacrées de Junon qu’on gardait dans le temple de Jupiter.  L’oie en Asie Mineure était le symbole de Cupidon, comme elle était aussi le symbole de Seb en Égypte. Dans l’Inde, l’oie occupait une position semblable; on nous dit qu’il y avait dans ce pays des oies de Brahma, ou des oies consacrées à ce dieu. Enfin les monuments de Babylone nous apprennent que l’oie avait en Chaldée un caractère mystique, et qu’on l’y offrait en sacrifice aussi bien qu’à Rome ou en Égypte, car on y voit le prêtre tenant dans une main une oie, et dans l’autre son couteau de sacrifice. Il n’y a donc pas à douter que la fête païenne du solstice d’hiver, en d’autres termes, Noël, ne fût observée en l’honneur du Messie Babylonien

La fête de l’Annonciation

Si nous passons maintenant à la grande fête suivante du calendrier romain, nous avons la confirmation de ce qui vient d’être dit. Cette fête, appelée l’Annonciation, se célèbre à Rome le 25 mars, en souvenir, dit-on, de la conception miraculeuse de notre Seigneur dans le sein de la Vierge, le jour où l’ange vint lui annoncer l’honneur éclatant qui lui serait accordé, comme mère du Messie. Mais qui pourrait dire à quelle époque cette nouvelle lui fut apportée? L’Écriture ne donne aucun renseignement là-dessus. Mais cela importait peu. Avant la conception ou la naissance de notre Seigneur, ce jour qui est marqué dans le calendrier papal pour l’annonciation de la Vierge était observé dans la Rome païenne en l’honneur de Cybèle, la mère du Messie Babylonien . Or, il est évident qu’il y a une relation étroite entre le jour de l’Annonciation et celui de Noël. Entre le 25 mars et le 25 décembre, il y a juste 9 mois. Si donc, le faux Messie fut conçu en mars et naquit en décembre, peut-on croire un seul instant que la conception et la naissance du véritable Messie aient pu s’accorder d’elles-mêmes avec ces deux dates d’une manière si exacte, non seulement pour le mois, mais même pour le jour? Non, la chose est impossible. L’Annonciation et la fête de Noël sont donc des fêtes Babyloniennes.

Note de ma part et de mon amie chantal a ce sujet.

Jésus étant l’agneau d’un an, sans défaut, sacrifié le 14 du premier mois de Nisan mais pris dans le troupeau le 10 du premier mois, ce qui correspond au 25 mars de notre calendrier, on ne peut que considérer que sa naissance fut donc le 14 de ce mois donc le jour de la Pâques. c’est ce que nous comprenons sans vouloir l’imposer. Que chacun donc se fasse son idée.

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