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Durant les siècles qui suivent le Proche-Orient sera absorbé et unifié tour à tour par les Assyriens, les Chaldéens, les Perses, Alexandre le grand, les rois hellénistiques et finalement par les Romains.
Après la période de crise qui marque le tournant entre le deuxième et le premier millénaire, l’Assyrie est la première à relever la tête. Avec Assourbanipal et Salmanazar III, elle pousse ses armées dans les pays voisins, puis avec Téglath-Phalasar III et Sargon II, elle conquiert l’Orient et lui impose son autorité. Thèbes, Damas et Babylone connaissent l’une après l’autre les horreurs et les ruines engendrées par les campagnes des rois d’Assyrie. Mais les Cimmériens et les Scythes qui s’agitent dans la région du Caucase se préparent déjà à leur porter un coup fatal.

Le Mitani est rayé de la carte, l’Égypte a perdu son statut de grande puissance, morcelée et livrée bien souvent à des dynasties étrangères qui surent pourtant lui donner encore quelques heures de gloire.
L’empire hittite a succombé définitivement sous les coups des invasions. La civilisation hittite, elle, survit dans un certains nombres de petits royaume qui se sont reconstitués à partir des débris du Nouvel Empire aux confins de l’Anatolie et de la Syrie.
L’Assyrie et la Babylonie, épuisées par leurs guerres incessantes, ne peuvent tenir tête aux multiples invasions venues du grand désert de Syrie comme du plateau iranien.
Profitant de la chute des grandes puissances, des territoires jadis dominés par elles s’érigent en royaumes. C’est ainsi qu’en Syrie-Palestine apparaissent ces royaumes bien connus par les textes bibliques : Israël, Juda, cités philistines, royaumes phéniciens, Édomites, Moabites, Ammonites ou Araméens de Damas.

Deux princes du sud, Kamosé et Ahmosé, chassent les Hyksos hors des frontières de l’Égypte et fondent le Nouvel Empire avec Thèbes comme capitale. De grands capitaines issus de la XVIII ème dynastie entreprennent des campagnes en Palestine et en Syrie et colonisent les petits royaumes de ces régions.

La puissance de l’Ancien Empire hittite s’affirme et, en 1530, un roi hittite n’hésite pas à mener un raid jusqu’à Babylone qu’il met à sac. Mais bientôt apparaissent sur ses frontières des envahisseurs venus des montagnes orientales et l’empire connaît une période de déclin dont il se relève à la fin du 15 ème siècle, avec l’avènement du Nouvel Empire hittite.

Plus à l’est, une aristocratie guerrière regroupant Hourrites et Aryens fonde un royaume qui s’étend sur l’Arménie, le nord de la Syrie et de la Mésopotamie. Sa capitale est Wassougani sur le Haut-Euphrate.

La destruction de Babylone par les Hittites laissent les mains libres aux Cassites qui descendent du plateau iranien, adoptent la civilisation des vaincus et fondent un royaume qui durant près de trois siècles sera l’une des quatre composantes de la géopolitique du Proche-Orient

Voilà la carte au temps de Moïse

Des princes asiatiques franchissent le « mur du prince » et, profitant des techniques militaires empruntées aux Indo-Européens, en particulier le char attelé à deux chevaux, ils ruinent le Moyen Empire, s’avancent jusqu’en Moyenne Égypte, et ne laissent guère aux Pharaons que la haute vallée du Nil.
Dans le nord de la Mésopotamie s’impose pour quelques années un chef de bandes qui réunit sous son autorité l’Assyrie et la Babylonie septentrionale. Là encore, la tentative est de courte durée : au bout de 50 ans, Hammourabi, prince amorite — de ces nomades qui, sortant des terres désertiques, déferlaient sur les pays civilisés du Proche-Orient depuis le début du 2ème millénaire — fonde le premier empire babylonien.
C’est alors qu’apparaît en Anatolie une troisième grande puissance, l’Ancien Empire hittite, né d’une fusion entre les indigènes et les Indo-Européens présents dans la région depuis le début de ce 2ème millénaire.

En Égypte, Thèbes réunifie le pays à son profit, se fortifie sur ses frontières et engage le développement agricole du Fayoum : c’est le Moyen Empire. Pour parer à de nouvelles invasions venues de l’est, les pharaons du Moyen Empire établissent une ligne de fortifications à la limite de la presqu’île du Sinaï : c’est le « Mur du Prince ».
Les Goutéens expulsés de Mésopotamie, un prince d’Our, Our-Nammou, assure la renaissance de la civilisation sumérienne, fonde une troisième dynastie qui donnera son nom à cette période : l’époque d’Our III. Cet empire qui réunira les cités de moyenne et de basse Mésopotamie ne dure qu’un siècle environ et, lorsqu’il disparaît, la Mésopotamie se trouve morcelée, livrée qu’elle est aux différentes principautés de jadis qui toutes et chacune prétendent à l’hégémonie .

En Égypte, l’Ancien Empire a succombé aux crises intérieures nées de l’usure du pouvoir et sous les coups des incursions étrangères aux frontières : Hérakléopolis devient la capitale d’un royaume de basse Égypte, alors que dans la haute vallée Thèbes affermit progressivement son autorité. D’autres principautés tentent de garder leur indépendance dans la lutte d’influence qui oppose Hérakléopolis et Thèbes.
En Mésopotamie, l’empire d’Akkad s’est effondré sous les coups des Goutéens, descendus des montagnes orientales. Les villes sumériennes, Ourouk et Our en particulier, relèvent la tête, tandis que les cités de la côte, telle Ougarit, subissent les contre-coups de la ruine de l’empire akkadien.

Après quelques règnes glorieux, la décadence s’amorce en Égypte avec le trop long règne du pharaon Pépi II. Dans les provinces, les gouverneurs s’affranchissent de plus en plus du pouvoir royal, transmettant eux-mêmes à leurs descendants une charge administrative dont l’attribution est le privilège du pharaon. À l’extérieur, la situation se dégrade également : à l’est du Delta, l’Égypte est de plus en plus souvent harcelée par les bédouins.
En Mésopotamie, un roi d’Akkad triomphe du prince de Lagash ; il unifie la basse Mésopotamie et en quelques années construit un empire qui s’étend du Golfe Persique aux rives de la Méditerranée, englobant même l’île de Chypre. Durant près d’un siècle et demi, ses successeurs assureront le maintien de cet empire.

Dès le début du 3ème millénaire, la vallée du Nil s’unifie politiquement et culturellement. Vers 2800 l’unité est acquise sous l’autorité des pharaons de l’Ancien Empire ; la capitale est alors Memphis aux portes du delta du Nil, à une trentaine de km au sud de l’actuelle ville du Caire. Le cèdre du Liban et la turquoise du Sinaï arrivent en Égypte et les artisans de tous métiers révèlent leurs talents dans des réalisations architecturales et artistiques qui font aujourd’hui l’admiration du monde entier. De cette période datent les trois grandes pyramides. La basse Mésopotamie, constituée d’États urbains indépendants, voit se développer la riche civilisation sumérienne. Tour à tour Umma puis Lagash tentent de s’imposer aux autres cités-états, mais leur réussite est de courte durée