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Ce n’est certainement pas avant les premières décades du IIe siècle que l’Église chrétienne éprouva la nécessité de se constituer un « canon » d’écrits normatifs, en groupant et fixant l’ensemble de ceux qui nourrissaient la piété de ses fidèles : de là, le long processus de canonisation qui aboutira à former notre actuel Nouveau Testament sur le modèle du canon de l’Ancien Testament Mais il ne s’agissait nullement d’élaborer une nouvelle Bible, à côté ou en regard de celle des Juifs. Aussi bien le rôle de la Loi, des Prophètes et des Psaumes (et écrits divers) dans la vie religieuse des premiers chrétiens s’affirme-t-il primordial (cf. Luc 24.44). Suffiraient à l’attester, si diverses qu’aient été les causes ou occasions de la rédaction soit des Évangiles, soit des épîtres, les citations et réminiscences de l’Ancien Testament qu’on y trouve souvent.

Déjà numériquement, ces références, soit expresses (« il est écrit », « il est dit », « Moïse écrit », « la Loi dit », « afin que fût accompli ce qu’ont dit les prophètes », etc.) soit implicites, dépassent sans comparaison possible celles qu’on peut rapporter soit à la littérature juive non canonisée, soit à des auteurs étrangers au judaïsme (Actes 17.28 ; 1 Corinthiens 15.33 ; Tite 1.12), ainsi que les allusions à des lettres ou autres écrits privés auxquels on répond (1 Corinthiens 7.1 ; 1 Corinthiens 8.1 ; 1 Corinthiens 11.2 ; 1 Corinthiens 11.17 ; 1 Corinthiens 12.1 ; Philippiens 1.3 ; Philippiens 2.25 ; Philippiens 4.11-18 Philémon 1.5-7). Tandis que ces deux dernières séries se comptent par unités, et que les « Apocryphes » et « Pseudépigraphes » de l’Ancien Testament ne peuvent être reconnus avec une certitude suffisante que 24 fois au plus, le nombre de nos citations et réminiscences de l’Ancien Testament lui-même se présente, D’après les statistiques les plus judicieusement établies, ainsi qu’il suit :

LivreCitationsRéminiscences
Matthieu50437
Marc23204
Luc25474
Jean15364
Actes27290
Romains48176
1 Corinthiens14172
2 Corinthiens995
Galates1053
Éphésiens669
Philippiens30
Colossiens38
1 Thessaloniciens39
2 Thessaloniciens122
1 Timothée153
2 Timothée127
Tite11
Philémon2
Hébreux36187
Jacques486
1 Pierre1173
2 Pierre247
1 Jean46
2 Jean3
3 Jean5
Jude22
Apocalypse3453

Encore ne peut-on comprendre dans ces relevés les cas de rencontre fortuite de mots isolés (par exemple dans Éphésiens 5.14).

L’immense majorité des citations bien caractérisées provient directement de la version grec de l’Ancien Testament dite des LXX, et plus spécialement du type de ce texte que représente le codex Alexandrinus. Ainsi, dans l’épître aux Hébreux, on trouve : 25 citations conformes à la fois au grec des LXX et à l’hébreu, 8 citations conformes seulement au grec des LXX (qui diffère de l’hébreu), et 3 citations librement adaptées.

Par contre, l’hébreu a exercé une influence prépondérante sur l’art des citations tel que le pratique l’Évangile de Matthieu Tandis que dans celles qui lui sont communes avec Marc et Luc les LXX jouent le rôle déterminant, celles qu’il introduit seul dépendent toujours du texte hébreu ; ex. : 1.23 2.16, 2.18-28, 4.15, 8.17, 12.18 et suivants, etc. Cette observation milite en faveur de l’hypothèse d’une source grecque utilisée par les trois premiers évangélistes, parmi lesquels le premier seul, apparemment un judéo-chrétien, s’appliquait cependant à confronter avec sa Bible hébraïque la tradition qu’il enregistrait. En ce qui concerne l’usage que les auteurs du Nouveau Testament ont voulu faire de leurs citations de l’Ancien Testament, on peut distinguer, avec Burton entre autres :

  1. Les citations-arguments. Ce sont des textes introduits à titre de prédictions, ou comme énonçant un principe ou une règle générale ; ex. : David mangeant les pains de proposition et la vraie notion du sabbat, Marc 2.26 et suivants ; ou comme formulant des commandements permanents, tel le sommaire de la Loi, Marc 12.29 et suivants, Matthieu 22.37 et suivants, Luc 10.27.
  2. Les citations commentées, voire critiquées ; ex. : Matthieu 5.21 ; Matthieu 5.27 ; Matthieu 5.31 etc., Actes 8.32 ; Romains 4.9 et suivant.
  3. Les citations comparatives ; ex. : Matthieu 12.40 et suivant, Luc 11.30 ; Luc 11.32 (application de l’histoire de Jonas à l’époque de Jésus) ; Actes 28.26 ; 1 Corinthiens 10.7 et suivant, etc.
  4. Les citations interprétées par l’allégorie, tenant à la fois de l’argument et de la comparaison, telle la célèbre spéculation paulinienne sur la double descendance d’Abraham, Galates 4.21-31.
  5. Les citations ou réminiscences d’ordre uniquement littéraire, sans rapprochement formel. Ces simples emprunts d’expressions dont nos auteurs étaient nourris ne sont certainement pas toujours intentionnels ; ceci, le plus souvent, reste fort difficile à déterminer avec quelque vraisemblance. Ex : Galates 6.16 ; Éphésiens 1.20, etc.

La personnalité des auteurs du Nouveau Testament s’affirme avec des nuances psychologiques et religieuses fort utiles à préciser, dans la manière dont chacun d’eux traite ses citations. Pour ne citer qu’un exemple, il est caractéristique d’observer que les Évangile synoptiques attribuent à Jésus une méthode d’interprétation de l’Ancien Testament différant foncièrement du point de vue messianique courant. Si Matthieu, par exemple, ne perd pas une occasion de mettre en avant les textes où il découvre des prédictions, les paroles de Jésus lui-même ne relèvent dans l’Ancien Testament que ce qui s’applique à son enseignement religieux et moral, et en donnent une interprétation aussi sobre que spirituellement approfondie. Entre Jésus et l’auteur du premier Évangile, s’échelonneraient à cet égard les différents autres écrivains du Nouveau Testament Aucun d’entre eux, assurément, n’a pu ni voulu nous livrer la clef d’une interprétation scientifique des Écritures. Ce que nous leur demandons, ici comme ailleurs, ce sont des lumières d’ordre purement religieux. Scientifiquement, appliquer à Jésus tout ce que l’Ancien Testament disait, soit du « serviteur de l’Éternel » dans Ésaïe 40 à Ésaïe 55, soit d’un psalmiste, soit de JHVH lui-même, paraît arbitraire. Mais ces rapprochements ouvrent à l’intuition religieuse des avenues que l’expérience des siècles prouve singulièrement riches à explorer.

Jg. M.

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Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent trouver Jésus pour lui demander : Où veux-tu que nous fassions les préparatifs pour le repas de la Pâque ? 

Tout le monde sait que la fête des pains sans levain se fait après la Pâque hors ici il semblerait que la Pâque eu lieu après le premier jour de la fête des pains sans levain. Voici une explication qui fait le tour de la question par le site Bibletude.free.fr

Il s’agit de deux fêtes en rapport l’une avec l’autre et cependant distinctes l’une de l’autre.

La Pâque

Lévitique 23 : 5 : « Le premier mois, le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs, ce sera la Pâque de l’Eternel. »

La Fête des pains sans levain

Lévitique 23 : 6-8 : « Et le quinzième jour de ce mois, ce sera la fête des pains sans levain en l’honneur de l’Eternel ; vous mangerez pendant sept jours des pains sans levain. Le premier jour, vous aurez une sainte convocation : vous ne ferez aucune œuvre ser­vile. Vous offrirez à l’Eternel, pendant sept jours, des sacrifices consumés par le feu. Le septième jour, il y aura une sainte convocation : vous ne ferez aucune œuvre servile. »

Ainsi, la Pâque avait lieu le 14 Nisan. La fête des pains sans levain, par contre, commençait le 15 Nisan pour se terminer le 21 du même mois.

Le jour de préparation

Les versets considérés sont : Marc 15 : 42 – Luc : 23 : 54 – Jean 18 : 28 ; 19 : 14, 31, 42.

Chez les Juifs, on employait le mot « préparation » pour désigner la veille du sabbat ou d’une fête reli­gieuse. En vue du jour de repos, on préparait au cours de cette veille les aliments et tout ce qui exigeait un travail interdit le lendemain.

Ainsi, le 14 Nisan, jour de la Pâque selon la pres­cription divine et jour au cours duquel le Seigneur célé­bra la Pâque juive avec ses disciples et institua, en­suite, pour ces derniers, le Souper commémoratif, ce jour-là fut précisément un jour de « préparation ».

Ce jour-là, en effet, les Juifs avaient un grand travail préparatoire à accomplir en vue de la journée suivante, qui était un sabbat, un grand sabbat. C’était un grand sabbat parce qu’il comprenait non seulement le sabbat hebdomadaire normal, mais aussi parce que c’était le 15 Nisan, le premier jour de la fête des pains sans le­vain au cours duquel une sainte convocation devait avoir lieu. Aucune œuvre servile ne devait être effec­tuée au cours de cette journée. Il ne devait pas y avoir de levain dans les maisons ce 15 Nisan, ainsi qu’au cours des six journées suivantes, ce qui représentait un grand travail de nettoyage. Le dernier jour, le sep­tième, devait également avoir lieu une sainte convoca­tion et aucune œuvre de service ne devait alors être faite, comme au cours de la convocation du premier des sept jours. – Lévitique 23 : 6-8.

Il y avait de plus une préparation à effectuer en rapport avec la Pâque, dont la célébration avait été re­culée d’un jour, irrégulièrement. En outre, il y avait à prévoir les sacrifices spéciaux prévus pour cette fête des pains sans levain et détaillés en Nombres 28 : 19-24. Jérusalem était alors pleine de tous les Israélites venus célébrer la Pâque et se présenter devant l’Eternel, conformément à Exode 23 : 17.

Ceci explique l’utilisation du mot « préparation » dans la citation des événements se rapportant aux derniers moments de la vie terrestre du Seigneur :

« Le soir étant venu, – comme c’était la préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat, – arriva Joseph d’Arimathée… » – Marc 15 : 42, 43.

« C’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. » – Luc 23 : 54.

« Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, – car c’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, – les Juifs de­mandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux cruci­fiés, et qu’on les enlevât. » – Jean 19 : 31.

« Ce fut là qu’ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était pro­che. » – Jean 19 : 42.

Un changement

Relevons le verset 28 du chapitre 18 de l’Evangile de Jean : « Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire : c’était le matin. Ils n’entrèrent point eux-mê­mes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque. »

Eux, les Juifs, n’avaient pas encore mangé la Pâ­que, mais Jésus l’avait déjà mangée, conformément à la Loi. Il l’avait mangée dans les premières heures de cette journée du 14 Nisan, ainsi que les Apôtres. Eux, par contre, les Juifs l’ont mangée le jour suivant, le 15 Nisan et l’agneau qu’ils ont mangé devait être immolé dans l’après-midi du 14.

Pourquoi cette célébration différente ?

C’est parce que des Juifs introduisirent des chan­gements dans un passé très éloigné.

Voici une citation extraite de l’article « Le Souper Commémoratif », émanant du Pasteur Russell et figu­rant à la page 2115 des « Reprints », 2e colonne : « Nous, Chrétiens,… nous célébrons le 14e [jour de Nisan – ajouté par traducteur], un jour dont les Juifs ne tiennent pas beaucoup compte ou pas du tout. Il appa­raîtrait que le quatorzième (jour) de Nisan aurait dû être généralement observé, mais les Juifs, jaloux de leur temps, rattachèrent le souper au quinzième jour, pour avoir un jour de plus pour les affaires. Il est cer­tain qu’il convenait à la fois de tuer et de manger l’agneau Pascal le quatorzième (jour) ; en effet, ce fut ce que firent notre Seigneur et les douze apôtres, et notre Seigneur fut crucifié le même jour ; ceci fut rendu possible du fait que chez les Juifs chaque jour com­mençait à 6 heures de l’après-midi. – Lévitique 23 : 5, 6. » – Fin de citation.

Voilà qui explique la raison pour laquelle les Israé­lites, depuis très longtemps et dans leur grande majo­rité, mangent l’agneau Pascal le 15 Nisan. Ils ont re­porté ce manger du 14 au 15 Nisan, pour avoir un jour de plus pour les affaires. Apparemment, c’est aussi la raison pour laquelle le nom de Pâque a été donné à la fête des pains sans levain commençant le 15 Nisan. Luc relève ce fait quand il écrit, dans son évangile, au chapitre 22 et au verset premier : « Or la fête des pains sans levain, qui est appelée la Pâque, approchait ».

Luc dit bien qu’il s’agissait en réalité de la fête des pains sans levain, d’une durée de sept jours, mais que les Juifs appelaient « Pâque », ce qui n’était pas conforme à la Loi, comme n’était pas et n’est pas conforme à la Loi le fait de manger l’agneau pascal le 15 Nisan. De nos jours encore, les Juifs appellent cette fête « Pâque », et ils ont leur semaine de « Pâque », alors qu’en fait, il s’agit de la fête des pains sans le­vain. Quant à la Pâque, elle ne doit durer qu’un seul jour, le 14 Nisan, comme cela est indiqué en Lévitique 23 : 5, cité plus haut, et comme le précise le Pasteur Russell dans l’extrait cité ci-dessus, disant : « Il est certain qu’il convenait à la fois de tuer et de manger l’agneau Pascal le quatorzième (jour) ; en effet, ce fut ce que firent notre Seigneur et les douze apôtres ».

Mais ce n’est plus ce que font les Juifs, depuis très longtemps, à part quelques exceptions, ici ou là.

Jean 19 : 14

Ainsi, ce qui pour le Seigneur et les Apôtres était le jour de Pâque, le 14 Nisan, c’est-à-dire le jour de l’immolation, de la préparation et de la manducation (du manger) de l’agneau pascal, pour les Juifs, était devenu la veille de Pâque, le jour de la préparation de la Pâque, parce qu’ils avaient reculé d’un jour le man­ger de l’agneau pascal. Cela permet de comprendre le verset 14 du chapitre 19 de l’Evangile de Jean, qui se lit comme suit : « C’était la préparation de la Pâque et environ la sixième heure. »

« Entre les deux soirs »

Une divergence de compréhension existait égale­ment dans le passé lointain, et existe toujours d’ailleurs, à propos de l’expression « entre les deux soirs ».

Voici ce que l’on relève à ce sujet dans l’ouvrage « l’Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bi­ble », aux pages 1130 et 1131 : « Les Israélites comptaient les jours du coucher du soleil au coucher de soleil suivant. Le jour de la Pâque commençait donc au coucher du soleil qui marquait la fin du treizième jour d’Abib (Nisan). L’animal devait être égorgé « entre les deux soirs » (Exode 12 : 6). Les opinions divergent quant au moment exact désigné ici. Pour certains spé­cialistes, ainsi que pour les Juifs Caraïtes et les Sama­ritains, il s’agit de la période située entre le coucher du soleil et l’obscurité totale. Les Pharisiens et les rabbins la voyaient autrement : ils pensaient que le premier soir correspondait au moment où le soleil commence à dé­cliner et que le deuxième soir était le coucher du soleil proprement dit. Par conséquent, les rabbins soutien­nent que l’animal était égorgé non pas au début, mais à la fin du quatorzième jour et que le repas était en ré­alité consommé le 15 Nisan.

A ce propos, voici ce qu’ont déclaré les biblistes Keil et Delitzsch : « Différents points de vue ont prévalu très tôt chez les Juifs quant au moment exact désigné par les Ecritures. Aben Ezra est d’accord avec les Caraïtes et les Samaritains pour désigner le moment où le soleil disparaît à l’horizon comme étant le premier soir, et le moment où l’obscurité totale règne comme étant le deuxième soir. Dans ce cas-là, l’expression « entre les deux soirs » désignerait le laps de temps situé entre 18 h et 19 h 20 (…). Selon le point de vue rabbinique, le moment où le soleil commence à décliner, c’est-à-dire entre 15 h et 17 h, correspond au premier soir, et le coucher du soleil au deuxième. « Entre les deux soirs » signifierait donc « entre 15 h et 18 h ». Les commen­tateurs modernes ont fort justement opté en faveur du point de vue d’Aben Ezra, des Caraïtes et des Sama­ritains. – Commentaire biblique de l’Ancien Testament (angl.), éd. 1951, Le Pentateuque, t. II, p. 12 – Fin de citation.

Il y a ici lieu de signaler que, dans des traductions contemporaines de la Bible, l’expression « entre les deux soirs » est précisément signalée en note comme se rapportant au coucher du soleil, premier soir, et à la tombée de la nuit, deuxième soir. L’intervalle de temps entre ces deux soirs, c’est en fait le crépuscule.

Exemple :

La Bible du Semeur – Note sur Exode 12 : 6 : « En Hébreu : entre les deux soirs, c’est-à-dire entre le coucher du soleil et la nuit totale. »

La Bible des Moines de Maredsous – Note sur Exode 12 : 6 : « Entre les deux soirs : entre le coucher du Soleil et l’obscurité complète. »

La Bible Liénard – Note 6. La fête de Pâque. Elle commence entre les deux soirs, c. à d. entre le coucher du soleil et l’obscurité. »

La Bible Thompson – Exode 12 : 6 – Note f : « C’est-à-dire probablement entre le coucher du soleil et le moment où l’obscurité est to­tale ».

Indépendamment de ces soirs, il y a lieu de signaler que, chez les Israélites, la matinée et l’après-midi étaient encore divisées en deux parties égales cha­cune, en rapport, semble-t-il, avec les prières et les sacrifices accomplis par les sacrificateurs sous la Loi. Les deux parties de l’après-midi étaient appelées des « soirs » également. L’un de ces soirs durait trois heu­res, de midi à 15 h, et l’autre trois heures également, de 15 h à 18h. Le moment se situant entre ces deux soirs correspondait à 15 h, heure à laquelle le Seigneur rendit l’esprit. Puisque l’agneau pascal en Egypte figu­rait notre Seigneur (Jean 1 : 29, 36), on pourrait croire que le moment de la mort de cet agneau représentait le moment de la mort du Seigneur et que, puisque le Seigneur était mort l’après-midi, à 15 h, l’agneau en Egypte a dû être immolé au même moment, c’est-à-dire à 15 h.

L’agneau pascal en Egypte, aurait-il été immolé vers 15 h ?

Il semble bien que non. Et tout d’abord, il y a lieu de remarquer que le moment de la mort de l’agneau pas­cal en Egypte ne représentait pas le moment de la mort du Seigneur sur la croix, mais le moment de la mort de l’agneau commémoratif, immolé chaque année par les Israélites, en souvenir du maintien en vie des premiers-nés Israélites au cours de la nuit du 14 Nisan, alors que périrent les premiers-nés égyptiens. Cela est montré clairement dans l’institution de la fête de Pâ­que, que nous rappelons ci-après : « Le premier mois, le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs, ce sera la Pâque de l’Eternel. » – Lévitique 23 : 5.

Ainsi, comme l’agneau pascal en Egypte fut immolé « entre les deux soirs » (Exode 12 : 6), de même «entre les deux soirs »  devait être immolé l’agneau commémoratif annuel.

Et ce qu’il faut comprendre par cette expression « entre les deux soirs », figurant en Exode 12 : 6 et Lévitique 23 : 5, dont nous venons de parler, le Sei­gneur le montre clairement dans la commémoration qu’Il a accomplie avec les Apôtres.

Si, alors, Jésus et ses apôtres ont célébré le repas pascal « le soir venu » (Marc 14 : 17 ; Matthieu 26 : 20) et si, alors, quand Judas sortit, « il faisait nuit » (Jean 13 : 30), c’est que l’agneau avait été immolé et apprêté auparavant, avant la tombée de la nuit et la venue du soir. Il devait l’avoir été au cours du crépus­cule, après le coucher du soleil, lorsque la visibilité dé­clinait de plus en plus, et avant que les ténèbres se fussent installées. Autrement dit, il devait avoir été, et il le fut sans nul doute, immolé « entre les deux soirs » peu après 18 heures, et apprêté immédiatement après. C’était alors le début du 14 Nisan chez les Israélites.

Chose à retenir

Mais il est une chose à retenir, c’est que le Sei­gneur ne pouvait pas manger l’agneau pascal figuratif et, en même temps, au même moment, mourir sur la croix. Ce n’était pas possible.

Ces deux choses : 1) la célébration de la Pâque commémorative, que le Seigneur devait accomplir se­lon la Loi et au moment fixé par la Loi et 2) sa mort ef­fective, ne pouvaient pas être simultanées.

Elles devaient se faire le même jour, mais ne pou­vaient pas se réaliser au même moment.

Et elles ne se sont pas réalisées au même mo­ment : la commémoration pascale, avec comme début l’immolation de l’agneau, se fit dans les premières heu­res de la journée du 14 Nisan, tandis que la mort du Seigneur eut lieu trois heures avant la fin de cette même journée.

Il résulte de ceci que si la mort de l’agneau pascal, en Egypte, représentait la mort en sacrifice du Sei­gneur Jésus, survenue le même jour, le 14 Nisan, néanmoins, le moment, dans la journée, de la mort de cet agneau ne représentait pas le moment dans la journée de la mort du Seigneur. L’un eut lieu au début du 14 Nisan et l’autre vers la fin de ce même jour.

On ne peut donc pas dire que, puisque le Seigneur est mort dans l’après-midi, en plein soleil, à 15 h, de même l’agneau pascal, en Egypte, a été sacrifié à 15 h de l’après-midi, alors que le soleil brillait encore dans sa force.

Mais ce que l’on peut dire, c’est que, comme l’agneau pascal en Egypte fut immolé « entre les deux soirs », après le coucher du soleil, le 14 Nisan, de même, chaque agneau commémoratif sacrifié annuel­lement par les Juifs, à la fête de Pâque, devait être sa­crifié le 14 Nisan « entre les deux soirs », après le coucher du soleil (Deutéronome 16 : 6), selon la Loi. – Lévitique 23 : 5.

Il le fut pendant un certain temps de l’histoire juive ; actuellement, cette prescription est observée chez le peuple juif avec une certaine variante, que nous avons mentionnée précédemment.

Le point de vue du Pasteur Russell

Pour frère Russell, les deux soirs étaient constitués par deux couchers de soleil qui se suivaient. L’intervalle entre ces deux soirs, c’était une journée complète de 24 heures.

Si on pouvait admettre cette explication dans le cas de la Commémoration annuelle célébrée par les Israé­lites, à condition toutefois que l’agneau fût et immolé et mangé le 14 Nisan, par contre, dans le cas de la Pâ­que initiale instituée en Egypte, elle présenterait un grand risque, du fait du passage, au milieu de la nuit du 14 Nisan, de l’Eternel avec l’Ange destructeur à son service (Exode 12 : 23). En effet, l’agneau devait être immolé et son sang aspergé sur les montants et les linteaux des portes avant ce passage. Sinon, le pre­mier-né de la maison périssait. Ce qui revient à dire que les « deux soirs » devaient se situer, l’un comme l’autre, avant ce passage, avant le milieu de la nuit par conséquent. Ici, l’on voit que la meilleure localisation de ces « deux soirs » est le début de la journée chez les Israélites, c’est-à-dire le crépuscule, commençant avec la disparition du soleil – premier soir – et se ter­minant avec l’obscurité – deuxième soir -, introduisant ainsi la nuit.

En ce qui concerne l’immolation et le manger (la manducation) de l’agneau commémoratif, par les Juifs, chaque année, il y a lieu de signaler que frère Russell donne deux pensées :

selon l’une, l’agneau était immolé le 14 Nisan et mangé dans la nuit du 15, avec sortie d’Egypte au matin de ce 15 Nisan.

Selon l’autre, l’agneau fut immolé et mangé dans la nuit du 14 Nisan, la sortie d’Egypte ayant eu lieu le lendemain 15 Nisan.

Objectivement parlant, il apparaît que c’est cette seconde pensée qui paraît conforme aux Ecritures ; et c’est la pensée que frère Russell a finalement retenue ; on la trouve dans les dernières années de sa carrière terrestre.

« Entre les deux soirs » – Une manière de voir juive – référence WT 2953

Cette manière de voir juive est bien mise en évi­dence dans une lettre adressée au Pasteur Russell par un frère d’origine juive et reproduite dans le périodique « Zion’s Watch Tower » du 1er février 1902 (référence WT 2953 de la Réimpression). Elle y figure sous le titre « Between evenings – a Jewish view » (Entre les soirs – une manière de voir juive) et exprime le point de vue susmentionné des Pharisiens et des Rabbins, introduit apparemment dans la tradition chez les Israélites bien avant la première venue du Seigneur.

Elle est mentionnée plus haut. Répétons-là : immo­lation de l’agneau pascal dans l’après-midi du 14 Nisan vers 15 heures, moment qui se situerait entre deux soirs : le premier de 12 h à 15 h et le deuxième de 15 h à 18 h. Et cet agneau devait être mangé le 15 Nisan, qui commençait 3 heures plus tard, après le coucher du soleil.

On ne peut que répéter sur ce point que, selon les ordonnances de la Loi, l’agneau devait être mangé dans la nuit du 14 Nisan et non dans celle du 15 (Exode 12 : 8), et que son immolation devait s’effectuer après le coucher du soleil, qui terminait le 13 Nisan et où commençait le 14, et non alors que le soleil brillait encore dans le ciel.

La précision que l’on peut apporter sur ce point, c’est que le coucher du soleil est le moment où, selon le dictionnaire Larousse, le soleil passe sous l’horizon, où il disparaît, par conséquent.

Lisons à ce sujet Deutéronome 16 : 6 : « …mais au lieu que l’Eternel, ton Dieu, aura choisi pour y faire ha­biter son nom, là, tu sacrifieras la pâque, le soir, au coucher du soleil… », une fois donc que le soleil aura disparu de l’horizon. D’ailleurs, la version Synodale stipule : « …c’est là que tu sacrifieras la Pâque, le soir, dès que le soleil sera couché… ».

En Egypte, c’est à partir de ce moment-là, consti­tuant le premier soir mentionné en Exode 12 : 6, que l’agneau devait être sacrifié, et il devait l’être, au plus tard, au moment où les ténèbres s’installaient, consti­tuant le deuxième soir, comme cela est indiqué plus haut.

Mais le point à faire ressortir ici, c’est que les deux soirs, mentionnés dans ce verset précité (Exode 12 : 6), ne sont nullement les deux soirs mentionnés par la tradition juive et situés dans l’après-midi.

Ces deux soirs-là, ceux d’Exode 12 : 6, devaient nécessairement se situer avant le milieu de la nuit du 14 car, comme cela est précisé plus haut, l’Ange des­tructeur devait passer alors (Exode 11 : 4, 5). Dans l’après-midi du 14, la nuit était passée, et l’Ange des­tructeur aussi. Si donc les Israélites avaient attendu jusque-là pour immoler leur agneau, tous leurs pre­miers-nés auraient péri, en même temps que ceux des Egyptiens.

L’immolation ne devait pas non plus se faire le 13 Nisan dans l’après-midi, car l’agneau devait être gardé jusqu’au 14 Nisan, et immolé ensuite, ce 14 Nisan.

Il est à noter que l’expression « entre les deux soirs » est aussi employée en rapport avec le sacrifice, journalier celui-là, de deux agneaux, dont l’un « entre les deux soirs » (Exode 29 : 39 ; Nombres 28 : 4, 8). « Et voici ce que tu offriras sur l’autel : deux agneaux d’un an, chaque jour, continuellement ; tu offriras l’un des agneaux le matin, et le second agneau tu l’offriras entre les deux soirs… » (Darby) – « L’un d’eux sera offert le matin, l’autre à la nuit tombante » (Bible du Semeur) – « au crépuscule » (Traduction Œcuméni­que de la Bible – TOB)

Elle l’est également en rapport avec l’encens des drogues odoriférantes qu’Aaron faisait fumer, chaque matin quand il arrangeait les lampes, et « entre les deux soirs », quand il les allumait (Exode 30 : 8). « Et Aaron fera fumer l’encens des drogues odoriférantes ; chaque matin, il le fera fumer quand il arrangera les lampes. Et quand Aaron allumera les lampes, entre les deux soirs, il le fera fumer… » (versets 7 et 8, Darby) – « chaque soir » (Bible du Semeur) – « au crépuscule » (TOB).

Elle l’est aussi en rapport avec les cailles que l’Eternel a fait venir sur le camp d’Israël, pour donner de la viande à manger aux Israélites, selon Exode 16 : 12 : « Parle-leur, disant  : Entre les deux soirs vous mangerez de la chair, et au matin vous serez rassasiés de pain ; et vous saurez que je suis l’Eternel votre Dieu. » (Darby) – « ce soir, avant qu’il fasse nuit » (Bible du Semeur) – « au crépuscule » (TOB).

Constatation

Nous constatons ainsi que l’expression biblique « entre les deux soirs », appliquée à des cas autres qu’à la Pâque juive, se rapporte au même moment de la journée, c’est-à-dire au crépuscule, au soir avant qu’il fasse nuit, moment où le soleil ne se voit plus et où il fait de plus en plus sombre. Cela ne se situe en aucune façon dans l’après-midi.

Cela veut dire qu’il y a « l’entre les deux soirs » selon la Bible, celui qui est mentionné dans les ver­sets précités ; et il y a « l’entre les deux soirs » selon la tradition juive, exprimant le point de vue des Phari­siens et situant ce moment au milieu de l’après-midi.

Le moment correct est bien entendu, « l’entre les deux soirs » selon la Bible, au crépuscule. C’est celui qu’observèrent le Seigneur et les Apôtres.

Par contre, « l’entre les deux soirs » selon la tradi­tion juive n’est pas celui qui est indiqué dans la Bible. Il prescrit l’immolation de l’agneau le 14 Nisan à 15 h, ce qui est une erreur, l’immolation devant se faire après le coucher du soleil, et il fait manger l’agneau le 15 dans la nuit, ce qui est une deuxième erreur, puisque l’agneau devait être mangé dans la nuit du 14.

Il est vrai que cela a donné aux Israélites une jour­née de plus pour s’occuper de leurs affaires, mais cela constituait une entorse à la Loi de Moïse, selon Léviti­que 23 : 5 et Exode 12 : 6-8.

En conséquence, notre référence en la matière, ce n’est pas « l’entre les deux soirs » selon la tradition juive rapporté en W.T. 2953, mais « l’entre les deux soirs » selon la Bible, le crépuscule du 14 Nisan, qu’observèrent Jésus et les Apôtres.

Autres particularités

En Exode, chapitre 12, il y a deux célébrations dis­tinctes, clairement précisées.

Celle du 14 Nisan, où les premiers-nés Israélites sont épargnés.

Voici la raison de cette célébration :

Et Dieu dit aux Israélites : « Vous observerez cela comme une loi pour vous et pour vos enfants à perpé­tuité. Quand vous serez entrés dans le pays que l’Eternel vous donnera, selon sa promesse, vous ob­serverez cet usage sacré. Et lorsque vos enfants vous diront : Que signifie pour vous cet usage ? Vous ré­pondrez : C’est le sacrifice de Pâque en l’honneur de l’Eternel, qui a passé par-dessus les maisons des en­fants d’Israël en Egypte, lorsqu’il frappa l’Egypte et qu’il sauva nos maisons. Le peuple s’inclina et se pros­terna. » – Exode 12 : 24-27.

Ainsi, la célébration de la Pâque, du mot hébreu « pesah » (passage par-dessus), du 14 Nisan, devait rappeler aux générations futures le passage de l’Eternel « par-dessus » les maisons des Israélites, et le maintien en vie des premiers-nés d’Israël.

Il y a aussi la célébration du 15 Nisan, pour rap­peler la sortie d’Egypte.

« Ils partirent de Ramsès le premier mois, le quin­zième jour du mois. Le lendemain de la Pâque, les enfants d’Israël sortirent la main levée, à la vue de tous les Egyptiens ». – Nombres 33 : 3.

La sortie le lendemain de la Pâque, non pas le jour même de la Pâque, est à noter : « Vous observerez la fête des pains sans levain, car c’est en ce jour même que j’aurai fait sortir vos armées du pays d’Egypte. » – Exode 12 : 17.

Cette fête des pains sans levain durait 7 jours, du 15 au 21. Le jour de sortie était le premier jour de cette fête, le 15.

« C’est dans le mois des épis que l’Eternel, ton Dieu, t’a fait sortir d’Egypte, pendant la nuit. » – Deu­téronome 16 : 1.

Il s’agit de la nuit du 15 Nisan, et non pas de celle du 14. « Cette nuit sera célébrée en l’honneur de l’Eternel, parce qu’il les fit sortir du pays d’Egypte ; cette nuit sera célébrée en l’honneur de l’Eternel par tous les enfants d’Israël et par leurs descendants. » – Exode 12 : 42.

Il est à noter que, pendant la nuit du 14, les Israé­lites n’avaient pas le droit de sortir. Ils devaient manger la Pâque. « Moïse appela tous les anciens, et leur dit ; Allez prendre du bétail pour vos familles, et immolez la Pâque… Nul de vous ne sortira de sa maison jusqu’au matin. » – Exode 12 : 21, 22. 

Par contre, la nuit suivante, celle du 15, ils pou­vaient sortir et sont sortis d’Egypte. C’était le lende­main de la Pâque.

Le témoignage des premiers-nés Egyptiens morts

Les premiers-nés Egyptiens apportent le témoignage suivant :

1) la Pâque des Israélites a été célébrée dans la nuit du 14 Nisan, parce que c’est cette nuit-là qu’ils ont été, eux, mis à mort, tandis que les premiers-nés des Israélites avaient la vie sauve ;

2) les Israélites sortirent d’Egypte au cours de la nuit suivante, celle du 15 Nisan, parce que c’est cette nuit-là qu’ils furent eux, enterrés, selon Nombres 33 : 4 : « Et les Egyptiens en­terraient ceux que l’Eternel avaient frappés », alors que les enfants d’Israël sortaient. L’enterrement se faisait alors le lendemain de la mort. Il doit d’ailleurs en être de même ac­tuellement, dans les pays arabes et même en Israël.

Exode 12 : 3-6.

« 3) Parlez à toute l’assemblée d’Israël et dites : Le dixième jour de ce mois, on prendra un agneau pour chaque famille…

« 6) Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois ; et toute l’assemblée d’Israël l’immolera entre les deux soirs. »

L’agneau pris le dixième jour de Nisan, devait être gardé jusqu’au quatorzième jour. Il n’est pas dit qu’il devait être gardé pendant toute la journée du 14, et immolé le 15, mais qu’il devait être gardé jusqu’au 14, et ce 14 Nisan, une fois arrivé, il devait être immolé entre les deux soirs ; il y a lieu de comprendre qu’il de­vait être immolé entre les deux soirs faisant partie de ce 14 Nisan.

Cette pensée ressort également, clairement, de l’institution de la fête de Pâque, rapportée en Lévitique 23 : 5 : « Le premier mois, le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs, ce sera la Pâque de l’Eternel. » L’agneau pascal devait donc être immolé entre les deux soirs, le 14 Nisan, et il devait être ensuite apprêté et mangé au cours de la nuit qui suivait et qui était la nuit du 14, au cours de laquelle personne ne devait sortir. C’est vers le milieu de cette nuit que l’Eternel passa par-dessus les maisons des Israélites dont les montants et les linteaux, aux portes, étaient aspergés du sang de l’agneau immolé, épargnant ainsi la vie des premiers-nés. Le mot « Pâque », de l’hébreu « pesah », signifiant « passer par-dessus », comme nous l’avons déjà dit, comporte cet enseignement. Il s’agit donc bien du quatorzième jour du premier mois, et non du 15.

Exode 12 : 18

« Le premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir, vous mangerez des pains sans levain jusqu’au soir du vingt et unième jour. »

Du quatorzième jour du mois jusqu’au vingt et unième, il y avait 8 jours. Dans ces 8 jours, il y avait les 7 jours de la fête des pains sans levain, fête qui com­mençait le 15 Nisan et se terminait le 21, et il y avait le jour de la Pâque, le 14 Nisan, au cours duquel l’agneau pascal était immolé, entre les deux soirs, et au cours duquel les Israélites devaient aussi manger des pains sans levain. En fait, ce quatorze Nisan était le premier jour au cours duquel des pains sans levain étaient mangés et c’était aussi le jour de l’immolation de l’agneau pascal. Quand donc Luc dit au verset 7 du chapitre 22 de son Evangile : « Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva », il parle du 14 Nisan, qui était bien le jour de l’immolation de l’agneau pascal. Par contre, quand il s’agit de la « Fête des pains sans levain », il est question des sept jours qui suivirent, commençant le 15 et se terminant le 21 Nisan.

Pensée apparemment contradictoire

Il se trouve cependant une pensée apparemment contradictoire en Matthieu 26 : 17 où il est écrit, dans certaines Bibles, comme par exemple dans la Bible du Semeur : « Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent trouver Jésus pour lui de­mander : Où veux-tu que nous fassions les préparatifs pour le repas de la Pâque ? »

Puisque ce premier jour de la fête des pains sans levain était le 15 Nisan, les disciples auraient, ce jour-là, demandé au Seigneur où il leur fallait effectuer les préparatifs pour le repas de la Pâque. Cela signifierait que l’agneau qu’ils devaient apprêter serait immolé, préparé et mangé le 15 Nisan, ce qui ne serait pas conforme à la Loi, comme nous l’avons vu précédem­ment.

Dans ce cas-là, si le mot fête se trouvait bien dans le texte grec à cet endroit, la solution résiderait dans le mot « premier », figurant dans l’expression « Le pre­mier jour de la fête… », au début de ce même verset. Ce mot « premier » vient du grec « protos », qui signi­fie effectivement « premier », mais qui peut être aussi traduit par le mot « avant », comme il l’a été dans l’expression « avant moi », figurant en Jean 1 : 15 : « Jean lui a rendu témoignage, et s’est écrié : C’est celui dont j’ai dit : Celui qui vient après moi m’a pré­cédé car il était avant (protos) moi. »

En appliquant cette signification à Matthieu 26 : 17 de la Bible du Semeur, au lieu d’avoir « Le premier jour de la fête des pains sans levain… », nous aurions « Le jour avant la fête des pains sans levain », ce qui correspondrait au 14 Nisan et serait tout à fait correct.

Toutefois, il nous faut dire que dans les manuscrits grecs, en Matthieu 26 : 17, le mot « heortë » signifiant « fête » ne se trouve pas, et bon nombre de Bibles l’omettent, à juste titre. Elles rendent ainsi ce verset : « Et, le premier jour des pains sans levain, les disciples vinrent à Jésus disant : Où veux-tu que nous te prépa­rions [ce qu’il faut] pour manger la pâque ? ». – Darby.

Ce premier jour des pains sans levain est le 14 Ni­san (Exode 12 : 18), et c’est aussi le jour où l’agneau devait être tué et mangé. Dans ce cas, le mot « protos » doit garder sa signification de « premier », pour être en accord avec les Saints Ecrits.

Par contre, si le mot « heortë » ne se trouve pas en Matthieu 26 : 17, il figure en Luc 22 : 1 ; là, Luc avait effectivement à l’esprit la fête des pains sans levain commençant le 15 Nisan et là, la traduction a été faite correctement dans toutes les Bibles apparemment.

A propos des préparatifs mentionnés par les Apô­tres, il n’est pas exclu que certains aient pu être effec­tués la veille, le 13, avant le coucher du soleil, comme par exemple l’achat du vin, des pains sans levain, des « herbes amères » et des épices, peut-être. Mais il est évident que l’immolation de l’agneau fut accomplie après le coucher du soleil, le 14 Nisan par conséquent, et fut suivie de la préparation du repas pascal propre­ment dit, à la fin duquel le Seigneur institua le Souper Commémoratif en souvenir de sa propre mort en sacri­fice, au moyen des emblèmes du pain sans levain et du fruit de la vigne.

Dès lors, chaque année, en remplacement de la Pâque juive, et au moment anniversaire approximatif de l’institution de ce Souper Commémoratif, les Apô­tres et les disciples commémorèrent la mort du Sei­gneur, et c’est aussi ce que nous faisons.

Ce que les Israélites ont pu faire dans la journée du 14 Nisan, dans la matinée et l’après-midi jusqu’au coucher du soleil.

Ils devaient brûler le matin du 14 ce qui pouvait rester de l’agneau. – Exode 12 : 10.

Ils devaient demander à leurs voisins égyptiens des vases d’argent, des vases d’or et des vêtements. D’après ce qui en est rapporté en Exode 12 : 35, ils l’auraient fait après la nuit du 14, c’est-à-dire après la mort des premiers-nés Egyptiens. Les Egyptiens les pressaient alors de partir, car ils avaient peur de périr, eux aussi (verset 33).

Ils avaient à préparer la pâte pour les pains des sept jours suivants, du 15 au 21. Cette pâte, ils ont dû ensuite l’emporter, parce que les pains n’étaient pas encore préparés. Ils enveloppèrent les pétrins dans leurs vêtements et les mirent sur leurs épaules au moment du départ. – Exode 12 : 34.

Les pains sans levain devaient être leur seule nour­riture au cours des sept jours suivants, avec le lait des brebis et des vaches, comme on peut le croire, car ils n’ont pas eu le temps de prendre d’autres provisions. – Exode 12 : 39.

Ils avaient, en plus, les préparatifs que l’on peut imaginer, en rapport avec la sortie d’un pays pour ne plus y revenir : effets personnels, ustensiles, rassem­blement du gros et du menu bétail, etc…, il semble que les Israélites aient eu de quoi bien remplir la matinée et l’après-midi du 14 Nisan, avant le grand départ du 15.

Les premières Pâques célébrées après la sortie d’Egypte :

Nombres 9 : 1, 5, Darby : « Et l’Eternel parla à Moïse, dans le désert du Sinaï, le premier mois de la seconde année après leur sortie du pays d’Egypte… Et ils firent la Pâque, le premier mois, le quatorzième jour du premier mois, entre les deux soirs, au dé­sert de Sinaï ; selon tout ce que l’Eternel avait com­mandé à Moïse, ainsi firent les fils d’Israël. »

Josué 5 : 10, 11 : « Et les fils d’Israël campèrent à Guilgal ; et ils célébrèrent la Pâque, le quatorzième jour du mois, au soir, dans les plaines de Jéricho. Et dès le lendemain de la Pâque, ils mangèrent du vieux blé du pays, des pains sans levain et du grain rôti, en ce même jour-là. »

2 Chroniques 30 : 2, 3 : « Et le roi, et ses chefs, et toute la congrégation, à Jérusalem, tinrent conseil pour faire la Pâque au second mois ; car ils ne pouvaient pas la faire en ce temps-là, car les sacrificateurs ne s’étaient pas sanctifiés en nombre suffisant, et le peu­ple n’avait pas été rassemblé à Jérusalem… »

2 Chroniques 30 : 15, 18, 21 : « Et on égorgea la pâque le quatorzième jour du second mois…et ils mangèrent la Pâque…Et les fils d’Israël qui se trouvè­rent à Jérusalem célébrèrent la fête des pains sans levain pendant sept jours… »

2 Chroniques 35 : 1, 13, 17, 18 : « Et Josias célébra à Jérusalem la Pâque de l’Eternel ; et on égorgea la pâque, le quatorzième jour du premier mois… Et ils firent cuire la pâque au feu, selon l’ordonnance…Les fils d’Israël, présents, firent la Pâque en ce temps-là, et la fête des pains sans levain pendant sept jours. Et on n’avait point célébré en Israël de Pâque semblable depuis les jours de Samuel, le prophète. »

Esdras 6 : 19, 20, 21, 22, version « La Bible du Se­meur » : « Les rapatriés célébrèrent la Pâque le qua­torzième jour du premier mois… Ils purent ainsi égorger les agneaux de la Pâque pour tous les anciens déportés… Les Israélites revenus de la captivité man­gèrent la Pâque avec tous ceux qui s’étaient séparés des nations impures du pays et s’étaient associés à eux pour se tourner vers l’Eternel, le Dieu d’Israël. … Ensuite, ils célébrèrent dans la joie la fête des pains sans levain pendant sept jours. »

Dans ces versets, hormis Nombres 9 : 1, 5, lorsque la fête de Pâque et celle des pains sans levain sont mentionnées ensemble, pour la fête de Pâque il est indiqué qu’elle fut célébrée le 14 nisan, et pour celle des pains sans levain, qu’elle le fut pendant 7 jours. Ces 7 jours, c’était du 15 au 21, d’après Lévitique 23 : 6. C’est clair et conforme aux indications bibliques. Il est encore à noter que, dans ces versets mentionnés ci-dessus, les deux citations de 2 Chroniques 30 (2, 3 et 15, 18, 21) sont à considérer dans leur ensemble, car elles forment un tout.

Par contre, Luc écrit : « Or, la fête des pains sans levain, qui est appelée la Pâque, approchait » – 22 : 1. Apparemment, il fait part d’une pratique qui existait de son temps et qui existe de nos jours encore, selon la­quelle « la fête des pains sans levain » est appelée la « Pâque ». Il faut reconnaître, en toute objectivité, qu’il y a là une certaine confusion, si on considère le sujet du point de vue biblique.

Cette pratique semble tirer son origine du change­ment signalé ci-dessus et se rapportant au décalage d’un jour du manger de l’agneau pascal. Mais, dans les extraits susmentionnés, se rapportant aux Pâques cé­lébrées après la sortie d’Egypte, la « fête des pains sans levain » n’est pas appelée la « Pâque », mais « la fête des pains sans levain », et la fête de « Pâque » n’est pas appelée la « fête des pains sans levain », mais la « Pâque ». Chaque fête est présentée comme distincte l’une de l’autre, comme elle l’est d’ailleurs en Lévitique 23 : 5-8.

Conclusion : Le changement mentionné ci-dessus a dû intervenir après le retour de la captivité Babylo­nienne, et après le temps d’Esdras car, jusqu’à Esdras, la célébration de la Pâque et de la fête des pains sans levain paraît avoir été conforme à la loi Mosaïque.

Un indice possible

Il s’agit de la secte des Pharisiens. Puisque ces derniers étaient impliqués dans la contestation concer­nant la signification exacte de l’expression « entre les deux soirs », l’époque de leur entrée en scène et de leur activité devrait fournir des indications quant au temps du changement intervenu dans l’observance de la Pâque juive.

Voici ce qu’écrit à propos des pharisiens le « Dictionnaire encyclopédique de la Bible  – Westphall », 2ème Tome, pages 382, 383 : « Le Pharisaïsme, en tant que tendance, remonte jusqu’aux premiers temps d’après l’exil, où une forte opposition se formait parmi les Juifs, contre tout ce qui était étranger… En tant que parti, il apparaît dans l’histoire seulement à l’époque grecque…

Ainsi les Pharisiens – nous rencontrons leur nom pour la première fois vers 145 [avant Jésus-Christ, ajouté] – s’éloignèrent de leurs anciens alliés lorsque Simon continua la lutte pour le prestige de la famille qui allait devenir une véritable dynastie…

Pour la première fois le nom de pharisaïoï est men­tionné par Josèphe dans la partie des Antiquités qui traite de la dernière période de la domination de Jona­than (160-143), …

« Les pharisiens, dit Josèphe, ont imposé au peuple beaucoup de lois provenant de la tradition des pères et qui ne sont pas écrites dans la loi de Moïse »… Le Talmud attribue même une plus grande importance à ces additions qu’à la Loi elle-même… »

« Selon toutes probabilités, la secte des Pharisiens apparut avant la guerre des Maccabées, par réaction contre l’inclination de certains Juifs pour les coutumes grecques. Les Juifs fidèles virent avec horreur l’influence grandissante de l’hellénisme, et s’attachèrent plus ostensiblement à la Loi mosaïque. En déchaînant la persécution contre eux, Antiochus Epiphane (175-163 avant J.-C.) les poussa à s’organiser en parti de résistants…

Le terme « Pharisiens » apparaît à l’époque de Jean Hyrcan (135-105 avant J.-C.)… Son fils et suc­cesseur, Alexandre Jannée, essaya d’exterminer les Pharisiens ; mais sa femme Alexandra, qui lui succéda en 78 avant J.-C., reconnut que la violence ne peut rien contre la foi ; elle favorisa donc les Pharisiens… Dès lors, ils dominèrent la vie religieuse des Juifs… L’interprétation de la Loi et son application à tous les domaines de la vie quotidienne prirent une grande im­portance. Les commentaires des docteurs juifs finirent par former un véritable code faisant autorité. Josèphe, lui-même Pharisien, dit que les scribes ne se conten­tent pas d’interpréter la Loi plus subtilement que les autres sectes, mais imposent au peuple une masse de préceptes tirés de la tradition et ne figurant pas dans la Loi de Moïse… » – Fin des citations.

Ces extraits renseignent utilement sur la partie reli­gieuse de l’histoire des Israélites sous la domination grecque. Ils montrent comment se développa le parti des Pharisiens, quelles furent les persécutions qu’ils eurent à endurer et comment ensuite ils parvinrent à dominer la vie religieuse des Juifs, sous l’administration d’Alexandra, qui succéda en 78 avant J.-C. à son époux, Alexandre Jannée, et qui leur accorda sa faveur. Ce temps-là paraît avoir été pour eux le plus propice et on peut penser – ce n’est qu’une suggestion – que ce fut en ce temps-là, qu’ils firent prévaloir leur interprétation des Saints Ecrits et, en particulier, celle concernant l’immolation de l’agneau Pascal (selon eux, dans l’après-midi du 14 Nisan), et son manger (selon eux, dans la nuit du 15).

En tout état de cause, ce changement ne pouvait intervenir qu’après le temps d’Esdras et, selon toute vraisemblance, il en fut bien ainsi.

Signalons encore que leurs opposants étaient les Juifs Caraïtes et les Samaritains, pour qui l’agneau ne pouvait être immolé qu’au soir du 14 Nisan, après le coucher du soleil terminant la journée du 13, et avant la tombée de la nuit, et mangé ensuite au cours de cette nuit du 14. C’était, et c’est tout à fait conforme aux Saints Ecrits, comme cela est indiqué plus haut.

Fr. A. D.

Guillaume Bourin

Guillaume Bourin est pasteur de l’Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada), et le fondateur du site leboncombat.fr. Il s’intéresse particulièrement à l’exégèse et à l’intertextualité de l’Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est l’auteur du livre « Je vous purifierai d’une eau pure » : perspectives bibliques sur la régénération baptismale. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l’Université d’Aberdeen (Ecosse).

 

Commençons par le commencement : depuis ma conversion, j’ai toujours été baptiste. Je n’ai jamais varié dans mes positions à ce sujet, malgré mon adhésion de longue date à la théologie réformé et les pressions récentes de la blogosphère pédobaptiste francophone (!). Nombre de mes amis pasteurs sont pédobaptistes, ils m’invitent d’ailleurs à prêcher dans leurs Églises et sont invités à prêcher dans la mienne. Je me sens généralement bien plus proche d’eux que de certains collègues baptistes. Ce n’est donc pas un sujet de division, même s’il est cependant significatif.

Oui mais voilà, ce cher Maxime Georgel a récemment entamé sur son blog une apologie du pédobaptême en 497 articles. Comment vous pouvez l’imaginer, je ne compte plus le nombre de personnes me demandant d’y répondre… Et c’est hors de question : je n’ai ni le temps, ni l’énergie pour une telle entreprise. Et puisque nous avons déjà beaucoup écrit à ce sujet sur Le Bon Combat, je renvoie les lecteurs à notre discussion en cours avec Alexandre Sarran.

Dans cet article, je me limite donc à lister une fois pour toutes les dix principales raisons pour lesquelles, après tant d’années, je ne suis toujours pas devenu pédobaptiste.

 

 

#1- Parce qu’il n’y a aucun commandement positif concernant le baptême de nourrissons

Et c’est l’un des grands paradoxes de la position pédobaptiste. En effet, l’un des mécanismes majeurs de l’ecclésiologie réformée —le principe régulateur— se base sur le fait que “tout ce qui n’est pas expressément commandé est proscrit”. On peut bien sûr discuter de l’application et de l’étendue de ce principe. Mais il est tout de même frappant que nos amis pédobaptistes adoptent cette pratique alors que nous ne trouvons aucun commandement positif de baptiser des enfants dans le Nouveau Testament.

LISEZ >> Quand devrions-nous baptiser les nouveaux convertis ?

 

 

#2- Parce qu’il n’y a aucune donnée biblique directe appuyant le pédobaptisme

Cette deuxième raison complète la première : malgré les tentatives récentes de la blogosphère pédobaptiste francophone de prouver le contraire, il n’existe aucun exemple direct de baptême d’enfant dans les lignes du Nouveau Testament. Tout juste pouvons-nous leur concéder un argument du silence dans le cas du geôlier de Philippes (Ac 16:31–33).

Toutefois, sur ce cas je tiens à rappeler :

(1) Que si l’on suit la logique pédobaptiste sur Ac 16.33, la régénération baptismale est inévitable d’un point de vue exégétique (voir point 10 ci-dessous)
(2) Le baptême de la « maison » du geôlier de Philippe s’explique beaucoup mieux en la comparant à la situation quasi-identique de la maison de Crispus, le chef de la synagogue de Corinthe (Ac 18.8). Dans cet exemple, toute la famille a été baptisée parce qu’elle a cru.

LISEZ >> Conversion et baptême du Saint Esprit : deux expériences différentes ?

 

 

#3- Parce que Paul n’a jamais utilisé l’argument pédobaptiste de manière apologétique, alors qu’il lui aurait été très utile !

Actes 15 rapporte que quelques hommes venus de Judée cherchaient à forcer les païens chrétiens à se faire circoncire et à observer la loi de Moïse dans son intégralité (commandements cérémoniels et civils inclus) pour être sauvés. Paul et Barnabas, radicalement opposés cette position, eurent avec eux un débat très vif, et l’Église d’Antioche les envoya vers les apôtres et les anciens de Jérusalem pour régler cette question (Ac 15.2). À Jérusalem, Pierre et Jacques suivirent la position de Paul et gagnèrent toute l’assemblée, de sorte qu’une lettre fut rédigée à l’attention de toutes les Églises existant à cette époque (cf. “à Antioche, en Syrie, et en Cilicie”, Ac 16.23).

L’argument clé de cette lettre, celui réglant le débat une fois pour toute, est finalement très simple : il s’agit d’une révélation spéciale du Saint Esprit (Ac 16.28) accordée à Pierre “depuis longtemps” (Ac 16.7) et corroborée d’avance par les paroles des prophètes (Ac 16.14–18). Paul, Barnabas, Jude, et Silas furent chargés de remettre cette lettre à l’Église d’Antioche (Ac 16.22). Mais Paul ne comptait pas en rester là : il souhaitait rapidement visiter les Églises qu’il avait implantées en Galatie, très probablement afin de leur faire connaître le contenu de la missive apostolique (Ac 16.36).

Voici où je veux en venir : l’argument apologétique invoqué par les apôtres est celui d’une révélation spéciale du Saint Esprit. Pourtant, si l’on suit la logique pédobaptiste, la controverse aurait pu être réglée très simplement, sans faire appel à un concile : il aurait suffit d’affirmer aux judaïsants que le baptême reprend la fonction de la circoncision dans le cadre de la nouvelle alliance. Si cela ne les avait pas fait taire, cela aurait sans doute convaincu les chrétiens locaux qui, selon la position pédobaptiste, étaient déjà baptisés avec leurs enfants de longue date sur la base de cet argument. Et si la circoncision n’était plus nécessaire, les pratiques cérémonielles qui en découlaient devenaient elles aussi superflues.

Cependant, Paul n’a jamais utilisé une telle rhétorique, pourtant sans appel. Pourquoi ? Tout simplement parce que les baptêmes de maisonnée n’étaient pas pratiqués à l’époque du Nouveau Testament.

Mes amis pédobaptistes balaieront cet argument du revers de la main au motif qu’il exploite un silence du Nouveau Testament. Mais n’est-ce pas exactement ce sur quoi leur position est basée ? Du reste, d’un point de vue exégétique, certains silences sont plus significatifs que d’autres.

 

#4- Parce que le pédobaptisme ne respecte pas la diversité des alliances bibliques que l’on retrouve dans la Bible

Je ne vais pas revenir sur ce que nous avons déjà développé en long, en large, et en travers sur Le Bon Combat. Notez simplement que, dans le cadre interprétatif du pédobaptisme, nos amis considèrent l’ensemble des alliances bibliques dans une perspective unifiée. Bien sur, il existe des nuances entre les différents positions pédobaptistes (lisez l’excellent livre de Pascal Denault à ce sujet).

Un point d’accord néanmoins : l’écrasante majorité des pédobaptistes estiment que les alliances bibliques sont conditionnelles, construites sur le modèle suzerain-vassal très répandu dans le Proche Orient ancien. Ce n’est cependant pas le cas de toutes les alliances bibliques : par exemple, l’alliance avec Noé est clairement inconditionnelle, inviolable, et ne témoigne d’aucune obligation de Noé en tant que vassal. C’est plutôt Dieu qui s’engage unilatéralement par serment. Avec les baptistes qui ont rédigé la Confession de Londres de 1689, j’estime qu’il en est de même pour la nouvelle alliance.

Le débat est technique, je ne souhaite pas m’étendre sur le sujet. Nous reviendrons sans doute dans un article ultérieur sur le cas de l’alliance nohahique.

ÉCOUTEZ >> Discussion autour de la doctrine des alliances avec « Fred le néophyte » 🙂

 

#5- Parce que le pédobaptisme accorde à des personnes irrégénérées le statut de membre de la nouvelle alliance

Selon la position pédobaptiste, la nouvelle alliance reflète la composition de l’Église visible : certains de ses membres sont régénérés, tandis que d’autres ne le sont pas. Cela ne s’accorde pas, cependant, avec les promesses vétérotestamentaires relatives à la nouvelle alliance qui sont largement reprises dans le Nouveau Testament :

(1) Dans la nouvelle alliance, tous connaissent Dieu et sont pardonnés (Jer 31.34, cf. Hébreux 8.11–12 ; 10.16ss; Jn 6.45 ; 1 Jn 2.20)
(2) Tous sont régénérés (Ez 36.25–26; cf. Jean 3 ; Tite 3.5)
(3) Tous ont les lois de Dieu dans leur coeur et souhaitent y obéir (Éz 36.27)

 

Selon ma conscience, encore une fois, il s’agit là du principal problème que me pose la position pédobaptiste : elle accorde à des personnes non-régénérées le statut de membre de la nouvelle alliance, de membre de la famille de Dieu. Certes, il existe des personnes non-régénérées dans nos Églises baptistes, mais conformément au modèle du Nouveau Testament, nous cherchons à valider l’authenticité de la profession de foi avant de leur accorder le baptême.

LISEZ >> Débat sur la relation entre le baptême et la nouvelle alliance

 

#6- Parce que la circoncision et le baptême sont deux signes de deux alliances différentes

L’alliance mosaïque, c’est à dire l’alliance avec la postérité naturelle d’Abraham, n’est pas l’alliance de grâce : elle ne contient aucune promesse de grâce, aucune garantie d’accès à la vie éternelle. La circoncision a servi de sceau de la justice qu’Abraham avait obtenue par sa foi (Rm 4.11) car elle venait marquer l’accumulation des promesses qui lui avaient été faites. Mais elle n’a jamais été le sceau de la justice d’Ismaël, d’Esaü, ou des membres incrédules du peuple d’Israël. Ce sceau si cher aux pédobaptistes ne concernait que la situation particulière d’Abraham, et non la votre.

Notez également l’asymétrie du système pédobaptiste : si le baptême est le parallèle de la circoncision, pourquoi est-il étendu à des personnes qui n’étaient pas circoncises sous l’ancienne alliance et refusé à des personnes qui l’auraient été ?

  • Par exemple, pourquoi baptiser les nourrissons de sexe féminin alors qu’aucune “circoncision féminine” (excision) n’était pratiquée par Israël (alors que les peuples du Proche Orient ancien la pratiquait très probablement) ?
  • Et pourquoi ne pas baptiser les petits-enfants ou les arrières-petits enfants d’un homme agé se convertissant, ou ses employés, ou tous ceux qui vivent éventuellement sous toit ? La circoncision n’était-elle pas pour ces personnes également ? Etc.

 

On pourrait également discuter de l’origine du baptême chrétien, qui reprend la pratique du baptême de repentance de Jean-Baptiste. L’émergence de cette dernière est très discutée, mais il est assez clair qu’elle ne s’appuit pas sur un parallèle avec la circoncision.

LISEZ >> En quoi la nouvelle alliance est-elle nouvelle ?

 

 

#7- Parce que le statut spécial des enfants de croyant n’implique pas leur participation à l’alliance de grâce

Avec les pédobaptistes, je crois que les enfants d’au moins un parent chrétien sont “saints” (1 Cor 7.14), c’est à dire mis à part d’une manière spéciale. J’entends enseigner mes enfants —si Dieu m’en accorde— dans la foi chrétienne et j’incite les membres de mon Église à en faire de même. Cependant, ce statut spécial ne signifie pas que les nourrissons sont automatiquement membres de la nouvelle alliance ou qu’ils doivent être baptisés.

Le pédobaptisme gomme la polysémie du terme agios (saint) et de ses dérivés. Je ne crois pas que Paul s’adresse à des nourrissons lorsqu’il écrit aux enfants dans les sections appelées “codes de maisonnées” (Ép. 6.1–4, par ex.). Il s’agit vraissemblablement d’enfants convertis ou à minima instruit dans la voie chrétienne, comme le terme utilisé (teknon) l’atteste. D’ailleurs, là encore, une telle adresse ne présumme pas de leur baptême préalable.

LISEZ >> 5 raisons pour lesquelles les Églises devraient enseigner la théologie aux enfants

 

 

#8- Parce que, dans le Nouveau Testament, le baptême est un élément clé de la profession de foi

Dans le Nouveau Testament, on retrouve douze récits de baptêmes plus ou moins développés, certains portant sur le même évènement. Dans neuf d’entre eux, le baptême suit immédiatement la profession de foi, j’estime même qu’il s’agit d’un élément clé de celle-ci (lisez mon livre sur ce sujet si vous voulez savoir pourquoi !). Les trois autres désignent des baptêmes de maisonnée (oikos) :

(1) Dans Ac 16.13–15, Lydie est clairement baptisée sur la base de sa profession de foi, et il est assez clair que sa “maison” (selon toute vraissemblance, ses employés) a cru également.
(2) Le cas du geôlier de Philippes (Ac 16.33), déjà discuté plus haut, indique également certainement que les membres de sa maison ont cru (cf. Ac 16.31)
(3) Aucune donnée ne permet de statuer sur le cas de la maison de Stephanas (1 Co 1.16)

LISEZ >> Qui doit baptiser les nouveaux convertis ?

 

 

#9- Parce que l’histoire de l’Église n’a jamais appuyé la position pédobaptiste

Ici encore, j’enfonce des portes ouvertes maintes fois sur Le Bon Combat. Quoi qu’on en dise, aucun témoignage pédobaptiste n’existe dans la littérature patristique avant le début du IIIème siècle. Le premier témoignage direct en est même une réfutation en règle (Tertullien, De Baptismo, ch. 18).

J’estime à titre personnel que la pratique pédobaptiste est plus ancienne. Elle est apeut être apparue dès le premier siècle. Son émergence est directement liée au développement de la doctrine de la régénération baptismale. Ici encore, je vous renvoie vers mon livre, Je répandrai sur vous une eau pure.

LISEZ >> Tertullien et le baptême d’enfants

 

 

#10- Parce que le pédobaptisme réformé flirte parfois (souvent) avec la régénération baptismale

Soyons clairs : nos amis pédobaptistes sont incapables de produire un seul exemple historique de pédobaptême non-régénérant avant Ulrich Zwingli (1484–1531). Et encore : je suis plutôt d’avis que Zwingli croyait à la régénération baptismale. Je l’ai déjà dit et je le maintiens : le pédobaptisme historique nait de l’expansion de la régénération baptismale, une doctrine déjà profondément influente à la fin du IIème siècle et qui a marqué l’ensemble du la théologie médiévale. Le pédobaptisme presbytérien est une position tardive, une innovation dans l’histoire de l’Église.

Dans mes recherches, j’ai été particulièrement étonné de noter des formulations frisant la régénération baptismale chez Herman Bavinck (« le baptême régénère… et brise le pouvoir du péché originel », Reformed Dogmatics, vol. IV, p. 520) et même dans le Grand Catéchisme de Westminster (cf. Q.165). De telles affirmations pour le moins ambiguës sont courantes dans la littérature presbytérienne.

Je n’accuse pas mes amis presbytériens de défendre la régénération baptismale (quoi que… que penser de Federal Vision ?), mais j’estime que ces formulations témoignent de l’équilibre précaire de leur ecclésiologie. Car, en réalité, la régénération baptismale est la conséquence logique d’une exégèse pédobaptiste cohérente.

LISEZ >> Que signifie naître d’eau en Jean 3.5 ?

Alexandre Heimig son commentaire.

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Les presbytériens font le baptême d’aspersion, alors que dans la loi Mosaïque l’aspersion concerne toujours le sang, le baptême concerne toujours l’eau; à ce verset près que, c’est dans sa mort que nous sommes baptisés. Etant plongez dans sa mort nous ressuscitons en nouveauté de vie laver par une eau pure. C’est bien quand on sort de l’eau que le symbole de la résurrection est visible dans l’acte du baptême. C’est sans oublier Matthieu 3.16 qui nous dit « Jésus sortit de l’eau et les cieux s’ouvrirent ». L’aspersion concerne le sang de Jésus, qu’il est allé offrir dans le temple céleste devant la face de Dieu, étant passé du ministère de prophète à celui de souverain sacrificateur. Voilà pour le baptême selon l’aspersion qui est caduque.
Pour ce qui du pédobaptisme, toutes les arguments de Guillaume sont recevable et on peut ajouter la différence qu’il y a entre le mot Grec « bapto » qui est une immersion temporaire et le mot « baptizo » qui est une immersion définitive ( lire mon article tout simple en consultant les valeurs strongs)…… Le baptême presbytérien ou réformé n’a pas franchement coupé les ponts avec le catholicisme babylonien dont le presbytérien Alexander Hislop a su démanteler tous ses aspects. Néanmoins Alexander Hislop, qui a une très grande connaissance, se permet de croire que le baptême des enfants est une présentation une déclaration de sainteté a cause des Parents ou d’un parent qui sont saint et qu’ainsi il sera propre la consécration ce qui équivaut chez les catholique à la confirmation. Là encore, bien que son enseignement soit extraordinaires dans son livre « les deux Babylones » je ne cautionne absolument l’acte pédobaptiste qui est une hybridation entre une vraie réforme et le catholicisme. Alexander Hislop reprends les passages d’Abraham et de la circoncision…… dans le mécanisme il a tout à fait raison Abraham cru et après il reçu le signe de l’alliance. Le baptême il est vrai réagit de la même manière on croit puis on se fait baptiser. Simplement il a manqué de perspicacité sur la circoncision, car celui ci, est l’analogie de la croix et non du baptême. L’enfant, circoncis au 8ème jour, a trois jours de souffrance et de fièvre et il y a effusion de sang. Cela rappelle effectivement les trois jours du Seigneur avant sa résurrection mais il faut comprendre le signe……. pourquoi la circoncision concerne t’elle le prépuce de l’enfant Mâle ???cet enfant symbolise le Christ qui devra souffrir, comme il le dit lui même, et qu’il ressuscite. La croix l’Adam qui s’est endormis profondément et dont Elohim a fait de telles sortes qu’une côte lui soit arraché pour en faire une femme qui est l’église invisible mais dont le Christ connaît ses membres. C’est ce qu’il s’est passé à la croix ou le centurion plante la lance dans la côte et ou, comme le dis Jean dans ses épîtres, il n’est pas venu avec simplement venu avec l’eau mais aussi avec le sang……………………………………………………………………………………….. 1 Jean 5:6

C’est lui, Jésus-Christ, qui est venu avec de l’eau et du sang; non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité. …………………………………… C’est à ce moment là qu’il y a union, ou l’église ne fait qu’un avec le Christ, comme il est dit les deux ne feront qu’un en genèse. C’est à dire que la croix est la réalisation de l’union par le sang avec son épouse, L’église invisible mais visible pour le Seigneur. La circoncision du prépuce de l’enfant exprime justement cette notion par le sexe coupé, la souffrance et le sang, cette union sanglante entre le Christ et son église. Séphora ne dit elle pas  » tu es un époux de sang » quand elle circoncis son Fils ???…Exode 4:25
Séphora prit une pierre aiguë, coupa le prépuce de son fils, et le jeta aux pieds de Moïse, en disant : Tu es pour moi un époux de sang !………..Exode 4:26
Et l’Eternel le laissa. C’est alors qu’elle dit : Epoux de sang ! à cause de la circoncision.
Ce passage montre clairement que la circoncision est en analogie avec la croix et non avec le baptême, mais vous me direz peut être: oui mais nous sommes justement baptisé dans sa mort? à quoi je répond: que Christ en tant qu’homme a accomplis la loi qu’il était impossible à l’homme d’exécuter et que nous sommes par la circoncision au 8ème du Christ circoncis de coeur….Galates 3:27
vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Est ce qu’un enfant au baptême peut être revêtu de Christ ??? Si nous avons revêtus alors nous avons revêtus un Christ circoncis au 8ème jour. Qu’est ce que nous avons encore besoin de dialoguer sur ce sujet ??? l’analogie de la circoncision avec le baptême est une hérésie, tout simplement inutile de débattre sur cette analogie.
J’ai été traité d’iconolâtre à cause de mon avatar du Christ représentant l’image de celui qui s’appelle la Parole en apocalypse 19 à cause du second commandement. Pour moi les presbytériens sont des hybrido babylo catho romain réformé. Une enseigne canadry des catholiques ….. ils ont la couleur des catholique sans l’être.

“Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, et ils virent (ou comprirent) qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures…” (Genèse 3/7).

“…L’Eternel Dieu fit à Adam et sa femme des habits de peau, et les en revêtit” (Genèse 3/20)

Le texte du livre de la Genèse nous parle de la découverte de la nudité par l’homme et la femme, et de leur réaction par rapport à cette découverte. Ce qu’ils ont vu lorsque leurs yeux “se sont ouverts” n’était pas nouveau, mais était jusqu’alors voilé. Auparavant, “l’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte[1]” (Genèse 2/25). La prise de conscience de la nudité du corps s’est faite à partir de la désobéissance à l’ordre divin[2]. Il y a donc un lien très clair entre la culpabilité et le besoin de couvrir la nudité physique.

Aussi longtemps qu’ils s’étaient tenus dans l’obéissance et la confiance en Dieu, en respectant Sa Parole, ils étaient spirituellement couverts de Sa justice et de Ses perfections. Ils ne connaissaient pas de “nudité” spirituelle (culpabilité, besoin de recouvrir ses fautes), ils étaient protégés. Mais le jour où ils sont sortis de cette sphère de protection — par l’exploration de l’espace de liberté qui se proposait à eux — ils ont instantanément ressenti que la couverture de la justice divine avait disparu. Un acte avait été accompli, grâce à l’exercice de leur libre-arbitre, sans Dieu et en dehors de Sa volonté. Une autre voix avait été écoutée, une séduction avait eu lieu et Dieu avait été supplanté dans leur intimité : ils étaient spirituellement dénudés/découverts.

Ce qui s’est passé dans l’Esprit a impacté le Naturel : leur nudité spirituelle révéla la nudité de leurs corps, parce que le monde naturel est le reflet du monde spirituel. Et le besoin de recouvrir cette nudité fut immédiat : c’est la première œuvre qu’ils firent après avoir “mangé du fruit”.

Et Dieu leur apprit à se vêtir, dans cette nouvelle dispensation qui s’ouvrait, ce qui était une préfiguration de la Loi qui serait donnée au Sinaï, qui justifierait l’homme temporairement par des sacrifices d’animaux (le vêtement de peau). Mais tous ces “vêtements”, tout ce système destiné à la justification (à la couverture) de l’homme pour recouvrir son péché, était lui-même la préfiguration d’un sacrifice plus excellent, éternel, à venir, celui de l’Agneau parfait.

LA NUDITÉ, ACTE 2

Dans les derniers temps, qui précèdent le retour du Seigneur, on constate un phénomène inverse à ce qui s’est passé dans le jardin d’Eden : alors que la prise de conscience de la nudité a entraîné (par l’homme et par Dieu) la nécessité de la recouvrir (au sens naturel et au sens spirituel) on assiste dans les derniers temps (ceux dans lesquels nous sommes entrés), à un découvrement, un affichage public de la nudité. Quel est le sens spirituel de ce phénomène? Il est un indicateur prophétique, un signal de dégradation qui résonne comme une contestation plus ou moins consciente du besoin de justice en général et de la justice de Dieu en particulier.

Dans les sociétés civilisées, l’espace public est resté hermétiquement fermé à la nudité jusqu’au milieu du vingtième siècle. Il y a toujours eu un sceau spirituel sur la nudité, sur ce qui devait rester caché, sur ce que le texte biblique définit comme la nudité. Or, ce sceau a été comme brisé, il y a finalement peu de temps, et c’est cet acte spirituel négatif (ce basculement) qui a permis le déclenchement de l’apparition publique de la nudité, telle que nous la connaissons aujourd’hui, avec toutes les conséquences spirituelles que cela entraîne. L’exposition publique de la nudité n’est pas seulement un problème moral, mais c’est également un symptôme spirituel.

En exposant la nudité, les hommes et les femmes des temps qui précèdent le retour du Seigneur (et qui sont inconscients de cette imminence) ne se rendent pas compte qu’ils adressent un message spirituel qui conteste encore davantage le besoin de Dieu et qui par conséquent s’élève contre Lui. Il s’agit d’un pas supplémentaire dans la rébellion de la créature, elle-même instrument d’un antagonisme qui la dépasse et qui vise à la déstabilisation perpétuelle de l’œuvre de Dieu.

LA NUDITÉ, ACTE 3

L’affichage de la nudité a provoqué le réveil des idoles anciennes

a) Astarté

La morale des pays christianisés[3] a toujours protégé la nudité du corps au moyen du voile de la pudeur[4] et c’est seulement dans la seconde moitié du vingtième siècle que les corps dénudés ont fait leur apparition dans l’espace public. Jamais auparavant cela ne s’était produit[5]. Et lorsqu’on parle de l’irruption de la nudité sur la scène publique, c’est de nudité féminine dont nous parlons : le corps de la femme dénudée a été la clé qui a ouvert l’ancien verrou moral, à la faveur de la libération de sa condition. Et cette apparition du corps dénudé a été le signal de la transformation du statut de la femme en objet de marchandisation, malheur collatéral de l’émancipation de son statut biblique et originel. Ce constat nous rappelle que le chemin de la liberté qui passe par un éloignement de la Parole de Dieu et de son conseil (comme en Eden), se transforme à terme en la pire des aliénations.

C’est donc au retour de l’idole féminine ancienne auquel nous assistons, celle d’un corps de femme, souvent dénudé, révéré par les divers cultes qui lui sont rendus, qui “trône” aujourd’hui dans l’espace public moderne. C’était le rôle que remplissait Astarté[6], dont le culte prônait une divinisation du féminin, tout simplement. Aujourd’hui, le nombre de “statues” d’Astarté dans nos sociétés est bien plus important qu’il ne l’était au temps d’Elie et de Jézabel. Cette femme-là est omniprésente, icône de beauté, de jeunesse éternelle, incarnant un bonheur inaccessible, formatant l’inconscient collectif du masculin et du féminin.

b) le pieu sacré

L’émancipation féminine a entraîné un cortège de conséquences positives et négatives; parmi ces dernières, on relèvera la libéralisation du domaine sexuel, qui est un fait historique incontestable. Les sociologues et les historiens s’accordent à dire que c’est au moment de l’émancipation de la femme (à partir de 1968) que les tabous sexuels ont été renversés et que la nudité a pu être affirmée, revendiquée, prêchée. La notion de l’amour libre a fait son apparition, avec tous les errements qui lui sont liés. Le sexe est rapidement devenu une idole publiquement révérée, dont l’homme est le principal adorateur et à laquelle on doit apporter son propre corps en sacrifice vivant.

Aux heures les plus sombres de l’idolâtrie d’Israël, le culte rendu à Astarté revêtait (entre autres) la forme d’un pieu sacré, qu’on trouvait partout dans le pays, devant (et parfois à l’intérieur) des maisons du peuple de Dieu, et qui évoquait la forme d’un sexe masculin[7].

Lorsque ce pieu sacré est honoré dans une société, il annonce l’arrivée de malheurs spirituels périphériques à sa dévotion, dont font évidemment partie les dérives sexuelles. On peut citer par exemple l’homosexualité et sa revendication publique, qui permet à cette orientation sexuelle de marcher sur le chemin de sa légitimité sociale[8]. L’écho des errements de Sodome (et de leur jugement divin) devient alors un mythe appartenant à l’imagerie biblique symbolique, alors qu’il est une réalité spirituelle qui exercera son autorité aussi longtemps que le péché existera.

Autre malheur spirituel lié à l’émergence, puis à la revendication de la nudité : la banalisation de la pornographie[9], véhiculant le virus d’une malédiction (voir paragraphe 4) qui provoque des ravages en vagues successives : d’abord la femme qui en est l’objet consentant[10], puis l’homme qui en est le consommateur maudit. Mais il faut ajouter hélas que cette marée noire incontrôlable[11] atteint désormais de plus en plus l’enfance, en se rendant accessible et conditionnant (en fait en détruisant) l’image qu’ils doivent se faire de l’homme, de la femme, de l’amour, du sexe et de la violence…

Les mauvais prophètes du porno, déguisés en intellectuels épris de libertés, écrivent des livres, prennent la parole de plus en plus librement et théorisent sur l’utilité du nu, et les aspects bénéfiques du sexe libéré, si possible le plus tôt possible. On fustige la vertu, on stigmatise la pudeur, on brocarde la morale… et on oublie que l’enfance est le moment où l’être humain a besoin d’une construction asexuée qui dure le plus longtemps possible. L’identité sexuelle ne se construit pas grâce à une surexposition du nu et un libre accès aux choses du sexe, mais au contraire dans le mystère et le questionnement intérieur. L’acte secret y trouve la place du sommet de l’intimité qui donnera à un couple le sentiment de partager une expérience unique.

c) Moloch-Baal

L’apparition de la nudité dans l’espace public a été un des symptômes d’un culte plus vaste, celui de la liberté individuelle. L’exploration de la liberté, notamment dans le domaine sexuel, s’est ouverte à la femme et pour cela, la société lui a donné deux outils indispensables : la contraception[12] et l’interruption volontaire de grossesse[13]. Sans ces deux éléments majeurs, la révolution sexuelle n’aurait pas été possible. “En libérant la femme de la nature(ndlr : entendre “de la loi divine”), la contraception l’a aussi libérée de la domination masculine. La généralisation de la contraception a accompagné la naissance de « la société des individus ». En passant des lois de la nature à la loi du sujet énonçant sa propre loi, la femme s’est détachée de la nature pour mieux se l’approprier. La libre maternité a donné à l’être humain les moyens de son affranchissement, et contribué à libérer les femmes de la domination masculine. L’acte sexuel détaché de la fonction reproductrice a également ouvert la voie à une sexualité féminine qui revendique le droit au plaisir [14].”

Quant au droit à l’IVG, que certains regardent sous un certain angle comme une mesure de progrès et de liberté, il a permis à l’ancienne idole Moloch[15] de réapparaître en plein cœur de la société moderne, et de recevoir chaque année l’offrande de plusieurs dizaines de millions de vies d’enfants[16], sacrifiés sur l’autel de la liberté en général, et de la liberté sexuelle en particulier. Pour entrer dans une telle considération et en appréhender le poids spirituel, il est bien entendu nécessaire de considérer l’embryon comme la promesse d’un être humain et lui accorder ce statut moral, juridique, physique et spirituel. Pour les législateurs qui considèrent que l’embryon n’est qu’un amas de cellules[17], la marche arrière est probablement impossible, car cela reviendrait à reconnaître qu’on a légalisé un meurtre de masse en assimilant le fruit de nos entrailles à une sorte de tumeur dont on peut se débarrasser sans aucune conséquence.

Le plan de Dieu originel pour l’homme et la femme ne peut pas être méprisé ou renié sans conséquences dramatiques, et ce qui est mis en place à l’échelle de sociétés produira des conséquences de même ampleur, telles qu’elles sont prophétisées : “Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront : égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien,traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Eloigne-toi de ces hommes-là » (2 Timothée 3/2). Ces conséquences sont à replacer en perspective avec des causes. Les hommes (et leurs sociétés) ne se transforment pas à coup de baguette magique. Ils font des choix, des choix personnels, des choix de société, et à mesure qu’ils s’éloignent de Dieu, de son image, de sa sagesse, de sa Parole, ils n’ont pour dieu que leur propre égo. Ils rejettent le créateur et adorent la créature.

LA NUDITÉ, ACTE 4

La malédiction liée à l’exposition de la nudité

La Bible raconte l’histoire de la malédiction d’un des fils de Noé pour une question de nudité non couverte, par le respect et la pudeur. La descendance de Cham a été maudite pour avoir regardé ce qui ne doit pas se regarder[18]. Et l’écho de cette malédiction plane sur nos sociétés et sur nos yeux, à chaque fois que nous sommes amenés à “regarder” les propositions du monde dans ce domaine. Je ne dis pas “à voir”, mais “à regarder”, car il est quasiment impossible de ne pas voir la nudité autour de nous, sur les murs de nos villes, dans nos magazines, sur nos écrans[19]. On ne peut plus l’éviter, elle fait partie de notre culture désormais et elle est devenue une flèche spirituelle négative à part entière, un trait enflammé du malin[20].

Il est donc important de rappeler que cet exemple biblique évoque un principe spirituel toujours en vigueur aujourd’hui. Le cadre spirituel et social qui avait été donné au peuple de Dieu (la Loi) était d’ailleurs très clair à ce propos : “Tu ne découvriras point la nudité d’une femme et de sa fille … c’est un crime” (Lévitique 18/17, voir l’ensemble du chapitre). Telle est la nature et la vocation de la pornographie.

CONCLUSION

Il est donc évident que l’exposition de la nudité naturelle est un symptôme d’apostasie et de déchéance spirituelle. Une société qui ne cache plus la nudité, mais qui s’emploie à l’afficher, est une société spirituellement à la dérive, en dépit de toutes les justifications psychologiques et culturelles qu’on pourrait invoquer. Un homme ou une femme (les chrétiens sont soumis eux aussi à cette tentation) qui transige avec les principes de la pudeur, sous l’influence de modes vestimentaires populaires, peut, dans bien des cas, être pris en flagrant délit d’impudicité[21].

Ces choses doivent donc être rappelées et enseignées à nos fils et nos filles[22] pour qu’ils puissent entendre un message plaidant en faveur de la crainte de l’Eternel — que nous différencions clairement du puritanisme[23] — au milieu de tous les messages que le monde déverse sur eux et en eux, car ils sont la cible des “prédications” (images et suggestions) émanant des innombrables icônes médiatiques et musicales qui incarnent des libertés et des transgressions qui deviennent convoitables, par l’effet de masse. Chaque jour ils sont immergés dans l’esprit antichrist, dans le matérialisme, le consumérisme, d’une manière qui ne s’est sans doute jamais proposée à la jeunesse comme aujourd’hui. C’est pourquoi ils ont besoin d’une double portion du Saint-Esprit. Et si leurs parents ne sont que des chrétiens tièdes, alors cette génération ne saura pas éviter de prendre et/ou recevoir la marque de la Bête. Les parents chrétiens défaillants engendrent malheureusement des générations pour lesquelles la vraie conversion n’a plus de sens réel, parce que le modèle originel est perdu. C’est ainsi que le vrai christianisme perd son âme pour se transformer en une culture qui laisse se dénaturer le sens du Bien et du Mal, prélude aux pires séductions.

ANNEXE : DEUX EXHORTATIONS

a) La nudité spirituelle du perdu

Comme nous l’avons vu dans la première partie, la véritable nudité est d’abord spirituelle. Et si elle est spirituelle, elle est éternelle. Les fils et les filles d’Adam et Eve (dont nous sommes tous) sont les héritiers de leur désobéissance, de leur manque de confiance et de leur désir : en un mot, nous sommes tous instinctivement poussés à marcher en suivant les inclinations de notre âme, et non de notre esprit. Nous sommes sensibles à la tentation et vulnérables dans nos volontés.

Nous sommes donc tous séparés de Dieu, comme Adam et Eve le furent, nus et découverts devant Lui, cherchant à ce que la malédiction soit ôtée pour retrouver notre paix avec Lui — et avec nous-mêmes.

Si nous cherchons à nous “couvrir” par nos œuvres, faisant le Bien plutôt que le Mal, essayant de nous racheter nous-mêmes de cette malédiction, nous ne parvenons qu’à cacher momentanément notre honte. Or Dieu a prévu pour nous un moyen de faire disparaître la malédiction, et non pas seulement de la cacher. Christ est venu pour offrir sa vie parfaite pour que la malédiction disparaisse dans sa mort[24], prenant avec lui (et en lui) dans cette mort[25] l’ensemble des fils de l’Homme (Adam).

Celui donc qui peut se reconnaître séparé de Dieu par sa naissance, et ce d’une manière irrémédiable, constatant sa condamnation et son impossibilité de rétablir sa paix avec Dieu, alors celui-là peut lever les yeux vers Christ, avec l’espoir de la foi pour être sauvé. Comme les hébreux levèrent les yeux jadis vers le serpent d’airain lorsqu’ils étaient mordus par les serpents brûlants[26], l’homme perdu et condamné (séparé de Dieu) peut de la même manière recevoir une guérison définitive et éternelle, et être revêtu du vêtement de la justice de Dieu : Christ[27].

b) La nudité spirituelle du chrétien

Bien que nous ne puissions être sauvés que par la foi — la foi dans le sacrifice de Christ — et que nous soyons appelés à être revêtus d’un vêtement qui ne peut être blanchi que dans le sang de l’Agneau[28], les Écritures sont claires à propos du vêtement de nos actions, des fruits qu’un racheté DOIT porter, afin que son salut soit visible de tous[29].

La Grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée … Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété, en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres (Tite 2/11 à 14).

Sur ce chemin, qui s’offre à tous les rachetés, ce sont donc nos actions justes (en conformité avec la pensée de l’Esprit de Christ en nous), qui constituent un vêtement spirituel, dont parle le Nouveau Testament :

“Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire; car les noces de l’agneau sont venues, et son épouse s’est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les oeuvres justes des saints” (Apocalypse 19/8).

Ce vêtement blanc est d’une importance capitale, car son absence est réprouvée dans maints passages des Écritures, dont le plus explicite est celui-ci :

“…je te conseille d’acheter de moi un vêtement blanc afin que la honte de ta nudité ne paraisse pas” (3/18).

Cette parole prophétique étant adressée à une église (et non à des personnes perdues), elle ne peut donc concerner le Salut. Elle ne peut pas davantage être un encouragement à se revêtir du vêtement de la justice de Dieu, mais elle est une exhortation grave lancée à des cœurs appesantis, car un chrétien sauvé par le sang de Jésus qui ne serait pas trouvé veillant, priant et agissant pour son Seigneur serait spirituellement nu.

Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur … Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous (1 Corinthiens 15/58 et 16/13). Veillons donc pour continuer de prier, travaillons pendant que c’est encore possible, et mettons en œuvre notre propre salut, avec sérieux et gravité, en engageant tous les moyens que Dieu nous a donné.

Jérôme Prekel

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[1] Honte, définition dictionnaire : sentiment pénible excité dans l’âme par la conscience d’une faute commise et la confusion, le trouble qu’on en ressent.

[2] C’est le passage à l’acte de la désobéissance qui entraîne une conséquence spirituelle qui impacte la sphère naturelle. On notera que Jésus, dans le sermon sur la montagne, révélera que la chaîne des conséquences du péché s’enclenche déjà dans les pensées, bien en amont du passage à l’acte. Il dit par exemple que celui qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis adultère avec elle dans son cœur (Matthieu 5/28); Jésus établit donc une pré-existance du péché avant le passage à l’acte.

[3] La sensibilité morale à la nudité se retrouve dans les sociétés construites dans le respect du divin, la crainte de Dieu et principalement dans les sociétés édifiées sur le monothéisme (judaïsme, christianisme, islam).

[4] En France, on a même créé le concept juridique “d’attentat à la pudeur” (Article 222-27). Toute la législation sur la sexualité, telle qu’elle a été mise en place depuis le XIXe siècle en France, était un ensemble de lois sur la pudeur. L’outrage public à la pudeur était un délit réprimé dans l’ancien Code pénal impérial français de 1810, requalifié aujourd’hui en “atteinte sexuelle”, réprimé en droit positif sur le fondement de l’article 222-32 du Code pénal français (et incluant l’exhibition sexuelle) : “L’exhibition sexuelle (la nudité) imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende”.

[5] Une partie de la société grecque du temps de Platon, sous l’influence spartiate, vouait un culte au corps et affichait la nudité (surtout masculine), mais cet épisode est sans commune mesure avec ce qui est décrit dans cet article.

[6] Astarté, Ashera (idole), Ashtoreth, déesse de la fécondité dont le culte à caractère sexuel est une source d’immoralité dégradante, car ses prêtresses se livrent à la prostitution sacrée (Juges 2/13, 10/6, 1 Rois 11/5, 33/2, 2 Rois 23/13). Son culte paraît importé de Mésopotamie (Ishtar, qui est associée à l’étoile du soir, qui deviendra Vénus chez les romains et Aphroditechez les grecs). Pour faciliter sa reconnaissance par les adeptes d’un Dieu unique, elle était présentée comme une incarnation de l’Esprit de Dieu dans sa part féminine (enfantée par le Père mais née de l’Esprit) et comme la mère de l’humanité (refs : Alexande Hislop, “les deux Babylone” et “Dictionnaire Biblique Emmaüs”).

[7] Juges 6/25 à 28; les exégètes et historiens sont partagés sur la traduction du mot ashera/asherim, et l’ensemble des traces de pieux sacrés ne sont pas toutes à mettre en relation avec un culte rendu au sexe. Dans certains cas, le pieu est identifié comme une représentation de l’idole féminine, mais il est incontestable qu’une partie du culte rendu à Astarté se réfère à la prostitution, sacrée ou pas, qui était entourée d’une revendication et d’une sacralisation de l’impudicité et de la débauche.

[8] En 1960 en France, l’Amendement Mirguet avait classifié l’homosexualité dans la catégorie des « fléaux sociaux », au même titre l’alcoolisme, la tuberculose, la toxicomanie, le proxénétisme et la prostitution, contre lesquels le gouvernement était autorisé à légiférer par ordonnances. La France avait adopté en 1968 la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé sur les maladies mentales, dans laquelle figurait, jusqu’en 1993, l’homosexualité. Jusqu’en février 1978, la plupart des titres de la presse homosexuelle de l’époque étaient interdits par le Ministère de l’Intérieur français. Mais les “évolutions” dans l’opinion publique des années 1970, sous la poussée des revendications et par les actions du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR) et du CUARH (Comité d’Urgence Anti-Répression Homosexuelle), ainsi que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement socialiste mené par François Mitterrand amenèrent à la radiation de telles dispositions discriminatoires à partir du 12 juin 1981 et en particulier avec la loi du 27 juillet 1982. Une des pressions principales des intellectuels homosexuels a consisté à requalifier juridiquement les relations sexuelles avec mineurs (voir la pétition de Michel Foucault, Jean Danet et Guy Hocquenghem appelée la « Lettre ouverte sur la révision de la loi sur les délits sexuels concernant les mineurs », adressée au Parlement en 1977 et qui défendait la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de 15 ans (la majorité sexuelle en France). Finalement, le Sénat votait en juin 1978 la suppression de la discrimination entre actes homosexuels et hétérosexuels, tandis que l’attentat à la pudeur sans violence à l’égard d’un mineur de moins de quinze ans, jusque-là passible des assises, était correctionnalisé.

[9] C’est en 1966 que le code Hays a été aboli. Il régissait la censure cinématographique et prônait la défense et protection du mariage, interdiction de représentation du nu, de la prostitution, des perversions sexuelles, de l’homosexualité… l’abolition du code Hays a cédé la place à un climat érotique croissant. En moins d’une décennie (années 70), le cinéma américain est passé de la censure puritaine à la diffusion grand public de films pornographiques (http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_Hays).

[10] IL faut ajouter que la pornographie homosexuelle a désormais pris également ses parts de marché.

[11] Et pour cause : on estime que le chiffre d’affaire du porno mondial représente entre 50 et 60 milliards d’euros par an.

[12] Droit ouvert en 1967

[13] Droit ouvert en 1975

[14] E. Donfu, sociologue

[15] Moloch, divité des Ammonites, recevait des sacrifices d’enfants brûlés par le feu (2 Rois 23/10). Son nom signifie “seigneur” (venant de Melekh : roi), il est parfois rapproché de Milkom (1 Rois 11/5 et 33) ou Malcom (Jeremie 49/1) et il est également parfois appelé Baal (Jeremie 32/35). Son culte était interdit en Israël sous peine de mort (Lev. 18/21). Les fouilles réalisées en Palestine ont mis à jour des amoncellements de squelettes calcinés d’enfants autour des sanctuaires de Moloch.

[16] 60 millions d’IVG déclarés chaque année dans le monde, ce qui doit être majoré par tous les actes clandestins (source ONU 2009).

[17] Les dispositions juridiques relatives à l’IVG sont des dispositions d’exception, introduites par la loi elle-même comme des exceptions au principe du respect de l’être humain dès le commencement de sa vie (art. L. 2211-1 du code de la santé publique). La Cour Européenne des Droits de l’Homme estime que la définition de la notion de personne relève de la marge d’appréciation des Etats ce qui a pour conséquence que l’embryon puisse être une personne dans tel Etat du Conseil de l’Europe mais non dans tel autre… (CEDH, Vo c. France, 8 juillet 2004).

[18] Genèse 9/22-25 : il y a bien sûr une résonnance spirituelle au péché de Cham, en tout premier lieu, mais l’attitude face à la nudité est présente. Noter que c’est la descendance qui est maudite.

[19] L’arrivée d’Internet a fait exploser le marché de la pornographie. La diffusion multimédia y est plus facile et touche un public plus large, banalisant en quelque sorte le commerce du sexe. On enregistre aujourd’hui la création de 200 nouveaux sites à contenu pornographique chaque jour, soit un accroissement de plus de 70 000 sites de commerce du sexe par an. En 2002, on évaluait le chiffre d’affaires (au niveau mondial) de l’industrie pornographique à 50/60 milliards d’euros. À titre de comparaison, on estime aujourd’hui que la faim dans le monde pourrait être éradiquée grâce à l’investissement mondial de 44 milliards de dollars.

[20] Ephésiens 6/16

[21] Les détails vestimentaires incriminés sont bien connus de tous et concernent les vêtements qui suggèrent la nudité (épousant les formes du corps au plus près en montrant le corps dans son intimité) ou qui dévoilent la nudité en ne la couvrant que partiellement (jupes ultra-courtes, décolletés, exposition plus ou moins partielle des sous-vêtements).

[22] Deutéronome 4/9 : “Seulement, prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton coeur; enseigne-les à tes enfants et aux enfants de tes enfants”.

[23] Dans le langage courant, un « puritain » est une personne austère, rigide, hostile à tous les plaisirs : « pureté » à laquelle on associe volontiers une teinte d’ostentation, voire d’hypocrisie, sans appartenance religieuse particulière

[24] Galates 3/13 : “Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois”

[25] Romains 6/3 à 8 : “Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché; car celui qui est mort est libre du péché.Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui”

[26] Jean 3/14 : “Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ».

[27] 1 Corinthiens 1/30 : “Or vous êtes de lui dans le Christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption”

[28] Apocalypse 7/14 : “Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où sont-ils venu ? Je lui dis: Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit: Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau”

[29] 1 Timothée 4/15 : “Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous”.

[30] “Ils ont renversé tes autels” (1 Rois 19/10)

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DISCIPLE DE JÉSUS OU DISCIPLE DE MOÏSE: LA DÎME À LIRE ABSOLUMENT
Beaucoup de Chrétiens ne comprennent pas pourquoi depuis de longues années ils tournent en rond, on prophétise dans leur vie mais cela ne s’accomplit pas. L’une des raisons principale est que, votre église pratique la loi de Moïse, c’est pourquoi il y a un esprit de limitation, vous êtes voilés et vous êtes sous la malédiction de la loi de Moïse. L’apôtre Paul nous explique cela clairement dans 2cor3:13-17.
QU’EST-CE QUE LE SACERDOCE ?
Sacerdoce veut dire le travail que fait un Pasteur ou Prêtre au nom de Dieu auprès d’un peuple soit pour offrir des sacrifices et prier pour le peuple, soit pour transmettre au peuple certains enseignements et bénédictions.
Les Saintes Écritures de Dieu nous enseignent clairement qu’il y a deux sortes de sacerdoce:
1- Le sacerdoce selon l’ordre Lèvitique, ici , Aaron est le souverain sacrificateur selon la loi donnée à Moïse
2- Le sacerdoce selon l’ordre de Melchisedeck, ici , Jésus Christ est le souverain sacrificateur selon la loi de Christ.
Vous voyez, il y a deux ordres et on ne peut pas mélanger les deux.
Abraham a donné la dîme selon l’ordre de Melchisedeck et d’après les écritures, dans cet ordre c’est à l’être suprême qu’il a donné sa dîme c’est à dire à Dieu lui-même.
L’église du Seigneur Jésus ne fonctionne pas selon l’ordre lévitique qui est selon la loi de Moïse, mais l’église de Jésus fonctionne selon l’ordre Melchisedeck or dans cet ordre la dîme n’est donnée qu’à un être immortel, éternel et sans péché. C’est pourquoi tous ceux qui disent qu’ils donnent leur dîme selon la foi d’Abraham, ne doivent pas la donner à un Pasteur mortel, à un pécheur. Ils doivent la remettre à Melchisedeck, à Dieu lui-même.
Tous ceux qui payent la dîme aujourd’hui le font selon l’ordre Lévitique car c’est seulement cet ordre là qui permet de donner la dîme aux hommes. Tous ceux qui payent leur dîme aux pasteurs le font sous le sang des animaux et non sous le sang de Jésus car selon l’ordre Lévitique il fallait faire des sacrifices d’animaux.
Selon hebrex7:11-12, le sacerdoce Lévitique repose sur la loi de Moïse, maintenant que nous ne sommes plus sous la loi, que deviendra ce sacerdoce Lévitique selon lequel la dîme est donnée aux sacrificateurs? La parole de Dieu répond dans Hebreux7:12 « Car, le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a changement de loi » par conséquent, le sacerdoce Lévitique est remplacé par le sacerdoce selon Melchisedeck. La loi de Moïse aussi a été changée et remplacée par la loi de l’esprit de vie en Jésus Christ.
QUI EST SACRIFICATEUR DANS L’ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST?
La Bible répond dans Apocalypse5:9.
Par le sang de Jésus les Chrétiens ont été rachetés et faits sacrificateurs pour Dieu. Si dans une église, des hommes qui ont été faits sacrificateur par le sang de la croix, paient leur dîme à un pasteur, cela veut dire que le pasteur s’est établi ou bien les chrétiens l’on établi comme souverain sacrificateur. Mais sous la nouvelle alliance, c’est seul le Christ ressuscité qui est souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisedeck et non selon l’ordre Lévitique. Et ce ministère n’est pas transmissible. Au temps de la loi de Moïse c’est l’homme qui était souverain sacrificateur; mais sous la nouvelle alliance, c’est Dieu lui-même, et personne ne peut occuper cette haute fonction.
Quand un pasteur prend la dîme venant des hommes qui ont été fait sacrificateurs comme lui par le sang de Jésus, alors il a prit la place de Christ, il est anti-Christ, il est sous la loi de Moïse et il exerce son ministère sous le sang des animaux.
Dans l’Église de Jésus, selon 2cor9:7, chacun donne comme il a résolu en son cœur , or le cœur du Chrétien est le temple de Dieu cela veut dire que c’est Dieu qui décide. Il est aussi écrit que celui qui donne peu moissonne peu , alors cher pasteur, n’effraie plus les gens avec Malachie 3:10 qui ne concerne pas l’église de Jésus.
Le véritable Chrétien est différent des enfants d’Israël du temps de la loi de Moïse, dans la mesure où il a en lui l’Esprit de Christ. Et la parole de Dieu dit que celui qui est conduit par le Saint -Esprit est fils de Dieu.
Soyez bénis au nom de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.
Son Serviteur: Alphonse Zambou